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Portrait d'Emmanuelle Geslin - Université Angers

Portrait d'Emmanuelle Geslin

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Emmanuelle Geslin, enseignant-chercheur en micropaléontologie et environnements des milieux littoraux

« Je cultive des micro-organismes marins indicateurs de la qualité des milieux marins »

Emmanuelle Geslin est à la frontière entre la biologie et la géologie. Cette enseignante-chercheur appartient au laboratoire LPG-BIAF (laboratoire d’études des bio-indicateurs actuels et fossiles) depuis 2002. L'étude des foraminifères, micro-organismes unicellulaires de l’environnement marin, fait la renommée de cette équipe.

Les foraminifères regroupent 5 000 espèces, mesurent entre 100 et 300 microns (de 0,1 à 0,5mm) et vivent dans les sédiments des milieux marins. Les biologistes ont mis du temps avant de s'emparer de cet objet d'étude. Jusqu'à il y a une quinzaine d'années, seuls les géologues étudiaient les fossiles de coquilles des foraminifères afin d'obtenir des données sur les climats du passé. Les recherches menées par Emmanuelle Geslin et ses collègues du LPG-BIAF ont montré que les foraminifères sont également de précieux alliés pour la surveillance de la qualité des environnements actuels.

Cultiver les foraminifères pour mieux les connaître


« Ma spécialité est la culture de foraminifères en laboratoire », précise Emmanuelle Geslin. Le LPG-BIAF fait partie des 5 laboratoires au monde (avec les USA, l'Allemagne, le Japon, les Pays-Bas) qui cultivent ces micro-organismes. Les chercheurs ramènent de missions des carottes de sédiment qui sont conservées dans des incubateurs. Les foraminifères sont ensuite repérés et mis de côté afin de les soumettre à différentes conditions. Selon que la température de l'eau s'élève ou s'abaisse, les foraminifères vont répondre : ralentissement de la croissance, mortalité, etc. Des données qui sont très utiles notamment pour comprendre les périodes de réchauffement ou de refroidissement climatique.

Foraminifères, des bio-indicateurs utiles pour l’évaluation de la qualité d’un milieu

Le laboratoire a développé une véritable expertise auprès d'entreprises et organismes extérieurs tels que Total ou encore l'Agence de l'eau. Le LPG-BIAF utilise les foraminifères pour déterminer la qualité de l'eau. Très sollicitée par les études de bio-monitoring, Emmanuelle Geslin peine à dégager du temps pour partir en mission sur le terrain. Elle se rend régulièrement depuis 10 ans dans le golfe de Gascogne pour prélever des échantillons car la zone est riche en foraminifères. Les chercheurs du LPG-BIAF participent à l’évaluation de la qualité des eaux méditerranéennes côtières. Des prélèvements autour du Mont-Saint-Michel sont aussi prévus.

Un projet de grande envergure les mobilisera en septembre prochain. « Nous réaliserons 25 jours de mission de prélèvement dans l’estuaire de la Loire afin de mieux comprendre comment l'estuaire fonctionne », révèle Emmanuelle Geslin. L’estuaire Loire a jusqu'ici été peu étudié et les inconnues sont nombreuses.

Des mystères encore à percer

Les foraminifères n'ont pas fini d'étonner Emmanuelle Geslin. Ses découvertes récentes ont montré qu'ils sont aptes à vivre en anoxie, autrement dit sans oxygène. Une caractéristique très rare, seules les bactéries en sont capables. Elle essaie ainsi de comprendre comment ces organismes parviennent à survivre dans ces conditions extrêmes. Elle a découvert que de nombreux foraminifères respirent des nitrates lorsqu’il n’y a plus d’oxygène. Emmanuelle Geslin mène des expériences en laboratoire sous condition anoxique pour comprendre ce métabolisme anaérobe. En parallèle, des études dans des environnements souffrant d’anoxie périodique sont en cours, comme par exemple dans le « lac » de Grevelingen au Pays-Bas.

« Nous ignorons encore la position qu'occupent les foraminifères dans le réseau trophique », admet Emmanuelle Geslin. Son équipe s'interroge encore sur leur alimentation, leur impact sur les autres populations, leur position exacte dans le sédiment, etc. La salle de culture mise en place par Emmanuelle Geslin à son arrivée au laboratoire qu'elle anime depuis 10 ans n'est pas prête de tomber en désuétude !

Contact : Emmanuelle Geslin (emmanuelle.geslin @ univ-angers.fr) | LPG-BIAF

Thérèse Rosset

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