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Séparés par des virgules

Généalogie du populisme depuis la mort de FrancoLes Mardis de Confluences

Conférence par Xavier Casals, historien à l'Université de Barcelone.

L’Espagne n’a pas eu jusqu’ici de parti d’extrême droite ou d’extrême gauche important, et l’euroscepticisme y est peu influent. Les Espagnols sont même les plus pro-européens de l’Union européenne (UE) : 82 % d’opinions favorables par rapport à une moyenne communautaire de 62 % . Cependant, la lente croissance des dynamiques populistes a fini par bouleverser le paysage politique : ces forces délimitent désormais les lignes de la majorité des secteurs idéologiques, à gauche et à droite, mais aussi du côté du nationalisme catalan.

Trois étapes seront présentées à titre d'hypothèse, qui permettent de comprendre l’évolution du populisme depuis trente ans. Le stade initial correspond aux années 1990 (1989-2000). Trois leaders controversés (José Mª Ruiz Mateos, Jesús Gil et Mario Conde) ont jeté les bases d’un berlusconisme avant la lettre. Cette première vague s’est conclue avec les élections législatives de 2000. Peu après, on a assisté à l’essor de nouveaux partis en Catalogne, marquant le début d’une deuxième vague, mais restreinte à ce territoire. Les élections locales de 2003 voient l’irruption l’ultra-droitière Plataforma per Catalunya (Plateforme pour la Catalogne, PxC) et l’ultra-gauchiste Candidatura d’Unitat Popular (Candidature d’Unité Populaire, CUP). Trois ans plus tard, c’est l’entrée au Parlement de Ciudadanos (Citoyens, C’s), porte-parole d’un nationalisme espagnol décomplexé. Tous ces changements ont mis sur les rails un processus qui a transformé la Catalogne en laboratoire politique de l’Espagne et débouché en 2017 sur la proclamation unilatérale de l’indépendance.

La troisième vague a commencé avec l’arrivée de Podemos (Nous Pouvons) et de C’s aux Parlement européen (PE, 2014) et espagnol (2015). Elle a vu l’expansion des dynamiques populistes à l’ensemble de l’Espagne et reste encore inachevée. Son dernier jalon a été l’essor d’un parti d’extrême droite, Vox, aux élections andalouses de 2018.

Mardi 26 février 2019, 18h
Maison de la recherche Germaine Tillion. Entrée libre.

 

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