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Europe et populisme(s)Les Mardis de Confluences

Conférence d'Arnauld Leclerc, professeur de science politique à l'Université de Nantes et de Laetitia Langlois, enseignante-chercheuse en langues étrangères appliquées à l'Université d'Angers (laboratoire 3L.AM).

Comprendre le populisme en Europe - Arnauld Leclerc

Le populisme est une notion floue qui a fait l’objet de nombreux débats ces dernières années. Arnauld Leclerc propose de revenir sur les origines de cette notion, son retour dans l’espace public au tournant des années 2000 et sur les débats qu’elle a occasionné ces dernières années. La notion a ainsi progressivement migré de l’univers médiatique vers l’univers académique. A la suite des travaux de Jan-Werner Müller (Qu’est-ce que le populisme ? Définir enfin la menace. Paris : Premier parallèle, 2016), plusieurs critères peuvent être articulés pour définir le populisme dont le principal est celui d’une revendication au monopole moral de représentation du peuple. Malgré tout, l’unité intellectuel des populismes ne peut pas être surestimée car ces mouvements s’opposent sur plusieurs points centraux.

Populisme et euroscepticisme - Laetitia Langlois

Le vote en faveur du Brexit le 23 juin 2016 représente la victoire ultime de l’euroscepticisme au Royaume-Uni. Après 43 ans d’une relation houleuse et difficile avec l’Union Européenne et ses institutions, le Royaume-Uni devient le premier pays à officiellement demander son départ de l’UE. Cette victoire est la victoire du parti UKIP et plus particulièrement de son leader emblématique, Nigel Farage, qui depuis les années 90 a bâti sa carrière politique sur la sortie de l’Europe. La victoire du Brexit est fondée sur un discours simpliste mais extrêmement persuasif de la part du camp « Leave » : un récit construit sur une série d’oppositions binaires entre élites européennes et peuple (et il conviendra de définir ce que la notion de « peuple » représente dans le discours de Nigel Farage), entre institutions supranationales et souveraineté du parlement britannique, entre immigrés et nationaux.  Ainsi, il est possible d’affirmer à la lecture des discours de Nigel Farage ou l’analyse des sondages du vote que le populisme se nourrit et prospère de sa critique constante de l’Union Européenne. Plus inquiétant, le référendum a fait ressortir les mauvaises passions du Royaume-Uni : racisme, xénophobie, nationalisme et anti-establishment. Mais le Royaume-Uni est loin d’être un cas isolé : Hongrie, Italie, Suède, France sont autant d’exemples de pays européens dont les partis de la droite radicale associent populisme et euroscepticisme dans un discours savamment élaboré. Ainsi, le rejet de l’Europe s’identifie désormais à des concepts bien plus violents et destructeurs tels que nationalisme, identitarisme, anti-establishment et autoritarisme. Les travaux de nombreux chercheurs sur cette question constitueront le cadre théorique qui nous permettra d’analyser les liens très étroits entre euroscepticisme et populisme.

Mardi 2 avril 2019, 18h
Maison de la recherche Germaine Tillion. Entrée libre.

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