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Collectif réfugiés - Université Angers

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Augmentation des frais d'inscription pour les étudiants étrangers : la parole aux premiers concernés

Des étudiants témoignent : le collectif universitaire se mobilise

Le 17 décembre 2018

Augmentation des frais d'inscription pour les étudiants étrangers : la parole aux premiers concernés

Suite au nouveau décret du gouvernement augmentant les frais d’inscription pour les étudiants étrangers à l’entrée à l’université, le collectif universitaire angevin de solidarité avec les réfugiés et demandeurs d’accueil se mobilise et donne la parole aux premiers concernés : les étudiants étrangers de l’université d’Angers.

Le lundi 17 décembre, enseignants, étudiants, membres associatifs, personnel de l'UA se sont réunis pour échanger et s'informer sur la question de la nouvelles mesure gouvernementale.

Les enseignants soulignent la richesse des formations avec les étudiants venus d’ailleurs, et l’importance de s’ouvrir à la francophonie, surtout dans le domaine du FLE (français Langue Etrangère) où la langue française est à l'honneur.

Pour Diana, étudiante colombienne, en master 2 de Didactique des langues, le fait d’étudier en France lui a permis de s’enrichir et de développer une ouverture d’esprit, surtout pour son futur métier d’enseignante. Elle affirme : « Je ne suis pas directement concernée par la nouvelle mesure, mais beaucoup d’amis veulent venir étudier et sont bloqués à cause des frais d’inscription trop élevés. Je croise les doigts pour que ça ne passe pas. »

Lydia, étudiante algérienne, témoigne : « Venir en France était un rêve pour moi. Déjà c’est galère en tant qu’étudiante hors-échange : on doit  étudier,  travailler, et en même temps ajouter cette somme, c’est vraiment injuste. C’est de la discrimination totale,  ils sont où les droits de l’homme ? Vraiment l’interculturalité, c’est ce qui fait la richesse de la France. »

Issaka, malien, en licence professionnelle explique que « si cette mesure est appliquée, je ne pourrai pas étudier ». Il ajoute qu' « au Mali, beaucoup bénéficient des bourses, la plupart des étudiants sont issus des familles pauvres, et à force de travailler dur, ils ont la bourse mais c’est déjà difficile pour eux au Mali. Beaucoup de  ces enfants de pauvres sont d’abord freinés au Mali, et seront freinés en France. C’est comme si on lui coupait la tête. »

Hassini, doctorant parle de son expérience : « Si les étudiants viennent ici ce n’est pas juste pour le tourisme, c’est pour étudier. Moi j’avais un sujet de thèse qui n’était pas traité en Algérie, donc je suis venu ici. La France normalement, c’est la culture d’accueil, d’intégration. A ce prix là, j’aurais fait un doctorat aux Etats-Unis, dans une université reconnue. Même le FN n’a pas pensé à cette mesure. »

Un  enseignant en géographie témoigne que les enseignants sont aussi touchés par cette mesure, puisque certains travaux de recherche se font dans des pays extra communautaires. Il y a beaucoup d’échanges avec les collègues et avec les étudiants. « on ne peut pas rester insensible à cette mesure.  »

Certaines universités se mobilisent déjà, les centres de langue française également. A Angers, le président de l'Université s’est prononcé dans une motion qui affirme que les étudiants étrangers déjà présents ne paieraient pas ces frais à la rentrée 2019.

Reste la question des primo-arrivants... Les discussions de l'assemblée ont porté sur les moyens d'action pour empêcher que la mesure soit mise en place.

Il faut en tout cas rassurer les étudiants déjà présents à Angers : ils pourront poursuivre leurs cursus à l’université d'Angers sans payer les frais annoncés par le gouvernement.  

Pour Ahmed, étudiant soudanais, il faut laisser l'opportunité aux étudiants de retourner dans leur pays d’origine. Son expérience en France lui a permis d'apprendre la démocratie et le respect. « J'ai changé de mentalité depuis que je suis là »

Pour Naima, étudiante en Master 1, « quand on fait le même diplôme, on a les mêmes acquis que les autres, sauf que les étrangers vont payer 4000 euros et les français 300 euros Ce n'est pas normal. »

Les échanges ont été riches, tant sur le plan des informations que sur les témoignages. Il est essentiel d’informer et de rassurer les étudiants sur l'avancement et les modalités d'inscription. Une page facebook a été ouverte dans ce sens par le collectif :

https://www.facebook.com/collectif.universitaire.39

Une prochaine rencontre aura lieu en janvier 2019.

 

 

 

 

Samuel Delépine