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IMGS - Université Angers

17th International medical geography symposium (IMGS)

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L'UA accueille le congrès mondial des géographes de la santé

Du 2 juillet 2017 au 7 juillet 2017

Un enfant recevant un vaccin

Durant une semaine, l’Université d’Angers accueille le plus grand colloque dédié à la géographie de la santé. Plus de 280 chercheurs interviendront, en anglais, à la Faculté de droit, d’économie et de gestion sur les différentes thématiques couvertes par cette discipline. Les explications de Sébastien Fleuret, directeur de l’unité angevine d’Espaces et sociétés (ESO), organisateur de l’événement.

Qu’est-ce que l’IMGS, l’International medical geography symposium ?

Sébastien Fleuret : C’est le plus grand rassemblement biennal de tous les gens qui travaillent sur la géographie médicale/géographie de la santé. Il y a un débat sémantique autour de ces termes. Traditionnellement, on parlait de « géographie médicale », mais depuis une vingtaine d’années « géographie de la santé » tend à s’imposer, car cela permet d’aborder davantage de choses.

Très schématiquement, si on remonte le temps, notre discipline est d’abord liée à la connaissance des maladies : on a d'abord cherché à identifier quels étaient les milieux propices au développement de telle ou telle maladie, par exemple. Puis, on s’est intéressé aux services de soins, aux politiques de santé publique… Et, plus récemment, on a commencé à prendre aussi en compte les aspects non-médicaux, à savoir les conditions de logement, les facteurs économiques, la pollution… Une étude américaine, qui date un peu maintenant, a montré que la santé d’une population reposait pour 20 % sur son système de soins, et, pour 80 % sur les conditions de vie de la population. C’est là que l’on retrouve la géographie et tout l’intérêt de notre discipline.

Pour résumer, nous sommes partis de quelque chose de très naturaliste il y a un siècle, pour arriver à une prise en compte très socio-économique. D’où l’évolution sémantique. Même si le terme originel de Medical geography est resté dans le nom du colloque que nous organisons.


Quand est né ce rendez-vous scientifique ?

SF : Il a été créé il y a 34 ans par trois sociétés nationales de géographie : la société royale britannique et les associations de géographes américains et canadiens. C’est ce qui explique que les communications soient 100 % anglophones.

Au départ, le congrès tournait entre ces trois pays. En 2007, il s’est pour la première fois délocalisé en Allemagne. Depuis, il parcourt le monde. Comme pour les JO, nous connaissons 4 ans à l’avance le nom du pays hôte. Concrètement, cela veut dire que nous préparons depuis 2013 l’événement qui va se tenir pour la première fois en France.

Qu’est-ce qui a plaidé en faveur du dossier français et pourquoi Angers ?

SF : Jusque dans les années 1990, la France comptait une forte communauté de géographes de la santé, autour de « l’école de Montpellier » notamment. Mais les points de désaccords et les controverses se sont multipliés. Il y a eu un passage à vide, puis une renaissance depuis 5-6 ans, avec beaucoup de jeunes chercheurs et une dynamique qui s'est installée. Je crois que l’organisation nous a aussi été confiée pour que nous puissions nous fédérer, nous doter de bonnes pratiques.

Sans être vraiment vieux, il se trouve qu’avec près de 20 ans d’expérience si on compte ma thèse, je faisais office de doyen. D’autres facteurs ont plaidé en faveur d’Angers : la capacité du laboratoire Espaces et sociétés à supporter un tel événement, les infrastructures universitaires et municipales, et la ville elle-même puisque c’est un congrès qui a toujours été très convivial et Angers se prête à cet état d’esprit. Durant la journée, les chercheurs suivent des sessions parallèles mais, le soir, tout le monde se retrouve, et c’est aussi pendant ces moments que se construisent les futurs projets.

Quel est le thème de cette 17e édition ?

Sébastien Fleuret est directeur de recherche CNRS
SF :
« Pratiquer la géographie de la santé en 2017 ». C’est une formulation volontairement large qui permet de rendre compte d’une grande diversité d'études, car ce rendez-vous est l'occasion pour chacun de prendre connaissance des travaux en cours.

Nous aurons au total 63 sessions, avec parfois plusieurs sessions sur un même thème, comme le vieillissement de la population, l’accès aux services de santé… Nous aurons également des sessions centrées sur les outils des géographes, sur la cartographie ou le traitement des données notamment. Nous proposerons aussi une session originale sur Twitter, et comment utiliser ses données pour suivre une épidémie, par exemple, ou faire de l’alerte autour d’un risque.

Nous avons choisi de découper certains grands thèmes, comme l’alimentation, avec un volet consacré à la qualité de l’alimentation, un autre sur l’accès à la nourriture, et un dernier traitant de la dimension obésogènique.

Et puis, nous parlerons de tourisme médical. Une session dans laquelle j’interviens pour une présentation des travaux que nous menons avec Philippe Duhamel, enseignant-chercheur à l’Esthua. Il s’agit d’étudier l’impact du développement touristique sur la santé - sur les infrastructures, sur la santé des populations locales elles-mêmes et sur celle des touristes - principalement dans trois pays, le Mexique, le Maroc et l’Indonésie.

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Vient de paraître


Le géographe Sébastien Fleuret, directeur de recherche CNRS (Espaces et sociétés - Université d'Angers)  vient de signer un ouvrage intitulé « Construction locale de la santé ». Paru le 10 juin 2017, le livre de 72 pages s’appuie sur des études de cas observés au Canada, au Mali, au Brésil et dans l’ouest de la France, pour développer le concept de la construction locale de la santé. « Ce livre repose sur la conviction qu’en France, le premier niveau de santé devrait être repensé au regard d’expériences menées dans plusieurs endroits du monde (y compris dans l’Hexagone) et qui témoignent de l’intérêt d’une construction locale de la santé basée sur la prise en compte de ses déterminants médicaux et non médicaux, l’articulation entre les différents acteurs du territoire et la participation des citoyens ».

« Construction locale de la santé. Études de cas internationaux et réflexions sur la situation française » est paru aux Éditions Matériologiques, dans la collection Épistémologie de la médecine et du soin.
N°ISBN : 978-2-37361-116-8.
Prix : 8 euros.

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