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Table ronde Arreco - Université Angers

Table ronde Arreco

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Europe : quel accueil pour les réfugiés ?

Le 11 décembre 2017

Syrian refugees strike at the platform of Budapest Keleti railway station

Porté par le Centre Jean Bodin, le nouveau projet de recherche Arreco (Accueil et relocalisation des réfugiés en Europe : catégorisation et opérationnalisation) organise une première table ronde à l’Université d’Angers ce lundi.

Depuis le début de la décennie, et plus encore avec le conflit syrien et le désordre lybien, la pression migratoire s’est accentuée sur les frontières européennes. Une Europe qui a du mal à faire face, et dont les membres peinent à s’accorder sur l’attitude à adopter face au flux mêlant des migrants, en recherche d’un meilleur avenir économique, et des demandeurs d’asile fuyant la guerre et les persécutions.

En septembre 2015, au pic de « la crise des réfugiés », les membres de l’UE ont décidé de déroger au Règlement de Dublin, qui veut que le pays d’entrée d’une personne étrangère étudie sa demande d’asile. Un plan de relocalisation de 160 000 réfugiés arrivés en Italie et en Grèce a été adopté, afin de soulager les deux pays méditerranéens. Il prévoit que les demandeurs d’asile soient répartis entre les autres États (avec un objectif d’accueil de 19 700 réfugiés pour la France, par exemple).

Qui accueille qui et comment ?

C’est dans ce contexte qu’a été lancé le projet Arreco. « Nous voulons analyser qui accueille qui en Europe ? Comment ? Et quelle est la place de l’Union européenne dans ces mécanismes ? », résume Bérangère Taxil, professeure de droit international à l’Université d’Angers, qui pilote le projet avec deux autres enseignantes-chercheuses de Nantes, la juriste Carole Billet et la sociologue Estelle d’Halluin.

Arreco réunit aujourd’hui une soixantaine d’intervenants : des universitaires de différentes disciplines (droit, sociologie, géographie, histoire, sciences politiques), mais aussi des acteurs de terrain, représentants de l’État français, des collectivités locales ou de structures d’accueil, publiques ou associatives. L’approche est interdisciplinaire et vise une appréhension globale de l’accueil et de la relocalisation, à l’échelle locale, régionale, nationale et européenne.

Catégorisation et opérationnalisation

Bérangère Taxil
Les premiers travaux porteront sur la catégorisation des personnes accueillies : migrants, demandeurs d’asile ou réfugiés. Ces catégories répondent à des définitions juridiques internationalement partagées, « mais la mise en œuvre est nationale, donc il peut y avoir des disparités d’un État à l’autre, en fonction de sa politique. De la catégorisation, découlent donc des droits différents et des conditions d’accueil différentes, explique Bérangère Taxil. Nous voulons étudier les conséquences de cette catégorisation et l’impact de ces catégories auprès des différents acteurs concernés, qu’il s’agisse d’acteurs privés (bénévoles individuels, associations, entreprises) ou publics (collectivités territoriales, États, Union européenne). Nous commencerons par analyser ce qu’il se passe ici, au niveau local, avant d’élargir et de comparer avec la situation dans d’autres pays de l’UE et hors de l'UE ».

Le deuxième axe du projet porte sur « l’opérationnalisation ». « Les questions centrales seront : que fait l’Europe ? Comment se matérialise-t-elle au niveau des États ? Et que peut faire l’Union européenne face aux divergences de ses membres ? » Il s’agira notamment de comprendre les conditions actuelles d’accès au territoire européen pour les demandeurs d’asile dans un contexte de contrôle renforcé des frontières, et, d’autre part, d’identifier les entraves à la libre circulation des réfugiés en Europe et leurs conséquences.

L'accueil au niveau local

En juin 2017, un premier atelier organisé à Nantes, réunissant des chercheurs européens, avait permis de faire point sur la politique et le droit de l’UE, mais aussi sur l’accueil en Espagne ou en Pologne.

La première journée organisée à l’Université d’Angers mettra, elle, l'accent sur les aspects locaux. Au cours d’une table ronde qui aura lieu à la Faculté de droit, d’économie et de gestion, l’après-midi du 11 décembre 2017, la parole sera donnée à des serviteurs de l’État en Maine-et-Loire et en Loire-Atlantique, à des élus locaux (d’Angers, de Saumur, d'Auvergne,…) et à des responsables associatifs de structure d’accueil.

 

Pratique

Table ronde « Quel accueil des exilés au niveau local ? Témoignages d’acteurs de terrain sur les CAO et la relocalisation », lundi 11 décembre 2017, de 15 h à 18 h 30, dans l’amphithéâtre Tamaris de la Faculté de droit, d’économie et de gestion. Entrée libre.

Voir le programme complet

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Un projet Alliance Europa

Porté par le centre de recherches juridiques et politiques Jean Bodin, le programme Arreco est l’un des lauréats du 2e appel à projets lancé par Alliance Europa, institut d’études européennes et globales. Il bénéficiera à ce titre d’un soutien durant 3 ans (2017-2020). Outre les travaux de recherche et de mise en réseau, l’enveloppe permet de financer la thèse d’Émilie Hetreau-Lenain, consistant en une étude comparée des systèmes juridiques d’accueil des réfugiés en Europe.

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