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Xtils - Université Angers

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Xtils, nouveau progrès pour contrer le cancer

Holisoa Rajerison, Jean-François Gestin et Stéphanie Legoupy, piliers de Xtils

Trois chimistes ont développé un procédé plus efficace et plus propre pour produire des vecteurs radiomarqués capables de s’attaquer aux cellules tumorales. Leur projet, Xtils, a été primé au concours I-Lab 2015.

Xtils : derrière ce nom de code se cache un projet qui devrait améliorer le traitement de certains cancers. Depuis 2011, il unit les compétences d’une chimiste organicienne, Stéphanie Legoupy, chercheuse CNRS du laboratoire Moltech-Anjou, et de deux radiochimistes, Jean-François Gestin (directeur de recherche Inserm au Centre de recherche en cancérologie Nantes-Angers) et Holisoa Rajerison.

Leurs travaux s’inscrivent dans le champ de la radio-immunothérapie. Le principe de ce mode thérapeutique récent : un élément radioactif est attaché à une molécule vectrice - un anticorps le plus souvent - qui est capable de reconnaître les cellules tumorales. Une fois que le vecteur a ciblé la cellule malade, « l’arme nucléaire » entre en jeu et la détruit grâce aux rayonnements qu’elle émet.

L’équipe du projet Xtils a choisi de travailler dans un premier temps sur l’astate, élément radioactif de la famille des halogènes. « La particularité de cet halogène est sa faible distance de rayonnement, explique Holisoa Rajerison. Il va délivrer beaucoup d’énergie, mais sur un espace très court. Donc, il va toucher la cellule malade mais épargner les cellules saines qui se trouvent autour ». « Ce qui est très important pour les cancers à petites cellules et métastases qui sont compliqués à traiter », souligne Stéphanie Legoupy.

Chaque minute compte

La difficulté consiste à « accrocher » l’élément radioactif sur le vecteur, « à synthétiser le vecteur radiomarqué » en termes scientifiques. Le procédé actuellement utilisé est source de risques pour le personnel de laboratoire, contamine le matériel, et nécessite du temps. Or, pour que le traitement soit efficace, chaque minute compte : « L’astate perd la moitié de son activité en 7 heures », indique Holisoa Rajerison.

L’équipe Xtils a mis au point un nouveau procédé. Elle s’est appuyée sur les recherches de Stéphanie Legoupy, qui avait précédemment développé un dérivé de l’étain lié à un liquide ionique (sel fondu liquide à basse température). Ce réactif permet de fixer l’halogène sur le vecteur, de manière plus rapide et plus propre : « Ce procédé de synthèse permet de gagner 2 heures sur la méthode classique, et multiplie par deux le rendement. Il minimise les risques lors de la manipulation, ne nécessite pas de décontaminer les machines, et les déchets sont recyclables ».

Brevet

Un premier brevet a été déposé en janvier 2014 au niveau européen, puis en janvier 2015 au plan international. Les chercheurs espèrent pouvoir diffuser leur méthode auprès des centres de soin et instituts de recherche via une start-up. Elle n’en est encore qu’à ses balbutiements, mais a déjà été repérée. Le projet a en effet été primé dans la catégorie « En émergence » du concours national I-Lab 2015 organisé par la Banque publique d’investissement, afin d’aider la création d’entreprises de technologies innovantes. Le prix qui leur a été remis le 1er juillet à Paris s’accompagne d’une dotation de 40 000 euros pour des conseils juridiques et financiers.

Le projet « Radiotils » est entré cet été en phase de maturation. Soutenue par la SATT Ouest Valorisation, l’équipe dispose de 18 mois pour mettre au point un pack complet, comprenant un automate et les consommables nécessaires à l’élaboration d’un produit injectable.

Depuis septembre, elle est également accompagnée par Angers Technopole et Atlanpole. Objectif : créer d’ici 2 ans une entreprise capable de commercialiser leur solution, en France et à l’étranger.

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