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Institut universitaire de France - Université Angers

Jin-Kao Hao et Aziz Ballouche

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Deux professeurs de l'UA nommés à l'Institut universitaire de France

Jin-Kao Hao et Aziz Ballouche

Après examen de leur candidature par un jury international, l’informaticien Jin-Kao Hao et le géographe Aziz Ballouche ont été nommés, le 1er octobre 2015, membres seniors du prestigieux Institut universitaire de France (IUF), pour une durée de 5 ans.

À la Faculté des sciences, leurs bureaux sont séparés de quelques mètres. Mais leurs univers sont à des années-lumière.

Jin-Kao Hao, 54 ans, dirige le Laboratoire d’étude et de recherche en informatique d’Angers (Leria). Après avoir exercé en Chine, dans le secteur du génie logiciel - « les méthodes pour produire des programmes » - l’ingénieur vient compléter sa formation en France, au milieu des années 1980. Recruté par un programme de recherche européen, il soutient en parallèle une thèse sur la programmation par contraintes. « J’ai alors commencé à travailler sur les problèmes combinatoires », domaine dans lequel il est devenu une référence internationale.

Plus les paramètres et contraintes sont nombreux, plus le nombre de combinaisons possibles est grand. Il devient alors quasiment impossible de trouver LA solution parfaite : des années ne suffiraient pas à de gros calculateurs pour vérifier chaque possibilité. D’où l’idée de réduire l’espace de recherche, afin de parvenir dans un temps convenable à UNE solution de qualité. « Dans beaucoup de cas, une bonne solution opérationnelle suffit », constate l’enseignant-chercheur. La difficulté consiste à savoir comment réduire le champ des possibles. « On ne peut pas pratiquer une sélection totalement aléatoire ». C’est l’objet des recherches de Jin-Kao Hao : mettre au point des mécanismes de recherche, développer des algorithmes (heuristiques ou métaheuristiques) « qui permettent d’arriver le plus efficacement possible à une bonne solution », pour répondre à un problème particulier ou générique.

Applications

Les applications ne sont jamais très loin de la recherche académique. « Par exemple, nous avons travaillé avec un opérateur téléphonique qui voulait savoir où positionner ses antennes relais, pour une couverture optimale, et quelle fréquence leur attribuer pour éviter les interférences entre elles ». Jin-Kao Hao et l’équipe qu’il a fondée au sein du Leria (« Métaheuristique, optimisation et applications »), ont été associés à différents projets, dans le domaine de l’observation satellitaire, de la bioinformatique, des transports (planification de véhicules et de chauffeurs) ou de la santé (emplois du temps d'infirmières). « Les applications peuvent être une source d’inspiration pour la recherche. Toucher des problèmes concrets obligent à explorer de nouvelles pistes ».

Les pistes que parcourt Aziz Ballouche sont souvent de sable. Sur les murs de son bureau : des images de touaregs et du Hoggar, le massif montagneux au centre du Sahara. « L’un de mes plus beaux souvenirs de terrain », confie celui qui se qualifie de « géoarchéologue », explorant « la dimension géographique du passé ».

Le professeur de 56 ans s’est spécialisé dans l’histoire de la végétation des espaces tropicaux soumis à de fortes pressions humaines. « J’étudie la dynamique des couverts végétaux, la façon dont les paysages se transforment sous l’effet de l’activité humaine, depuis plusieurs millénaires jusqu’aux changements les plus récents », résume celui qui dirige le Laboratoire d’études environnementales des systèmes anthropisés (LETG-Leesa).

Carrières « non-linéaires »

Comme Jin-Kao Hao, Aziz Ballouche a connu « une carrière non-linéaire », marquée par la mobilité. Natif de Casablanca, il fait ses études à Bordeaux, dont il sort docteur en géologie du quaternaire et préhistoire, en 1986. Pour son premier poste, Aziz Ballouche retourne au Maroc et mène des recherches sur le Sahara, avant de gagner l’université allemande de Francfort. En 1995, il est nommé maître de conférences en géographie à l’Université d’Angers, et y revient comme professeur, après une parenthèse de 4 ans à Caen, en 2006. Responsable du LETG-Leesa depuis cette date, il consacre une part de son énergie à la restructuration du laboratoire, aujourd’hui « reconnu ». Ces fonctions l’ont parfois éloigné de sa vocation de chercheur et du terrain. Or, « on apprend en se plongeant dans la réalité ».

Sa nomination à l’IUF va lui permettre de s'immerger dans ses recherches. Aziz Ballouche projette de poursuivre ses investigations sur « les espaces de transition » qui font la jonction entre terre et eau (fonds de vallée, littoraux…), notamment ceux de Madagascar et de certains pays d’Afrique de l’Ouest. « En Afrique, l'impact de l’activité humaine sur les milieux est attestée de longue date, au moins 10 000 ans. L’homme a domestiqué le milieu, une agriculture s’est développée, alors que Madagascar aurait été encore inhabitée il y a un peu plus de 2 000 ans. C’est une île, "vierge" au départ, et on peut voir comment elle évolue sur une période relativement courte, sous l’effet de l’homme. D’où l’idée de comparer les deux systèmes, et de voir comment les paysages évoluent dans ce contexte ».

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À savoir

Les nominations de Jin-Kao Hao et d’Aziz Ballouche sont effectives depuis le 1er octobre et pour 5 ans. Durant cette période, l’Institut universitaire de France leur accordera chaque année un crédit scientifique de 15 000 euros. Leurs obligations d’enseignement seront réduites des deux-tiers, afin qu’ils puissent se concentrer sur leurs recherches.

Six nominations

Jusqu’ici, quatre professeurs de l’Université d'Angers avaient été nommés membres de l’IUF, créé en 1991 : trois historien(ne)s, à savoir Christine Bard, Michel Nassiet et Philippe Blaudeau (dans l’ordre chronologique), et le chimiste Marc Sallé.