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Cancer du sein : les mathématiciens appelés à la rescousse

Une équipe composée de membres angevins du Larema et de leurs partenaires polonais de l’Université de Wroclaw cherche de nouvelles méthodes statistiques pour traiter les données volumineuses issues de la médecine. Objectif : mieux adapter le traitement de chaque patient.

La médecine, de plus en plus personnalisée, doit faire face à l’enjeu du big data, ou comment extraire de l'information d'un grand nombre de données. Dans le cas d’un cancer du sein, par exemple, les prélèvements biologiques et génétiques peuvent aboutir à un bouquet de 60 000 variables. Lesquelles sont pertinentes ? Lesquelles sont différenciantes et permettront d’adapter au mieux le traitement de la patiente ?

Valérie Seegers, Malgorzata Bogdan et Piotr Graczyk se sont retrouvés à l’UA début mai, à l’occasion d’un séjour de deux semaines de la chercheuse polonaise
Valérie Seegers, Malgorzata Bogdan et Piotr Graczyk se sont retrouvés à l’UA début mai, à l’occasion d’un séjour de deux semaines de la chercheuse polonaise
C’est sur ces questions que travaille une équipe franco-polonaise. Elle associe trois membres du Laboratoire angevin de recherche en mathématiques (Larema), Piotr Graczyk, Fabien Panloup et Mikael Escobar-Bach et un trio de l’Université de Wroclaw, emmené par Malgorzata Bogdan, mondialement reconnue pour ses compétences en matière de statistiques appliquées au domaine de la santé. Leur projet, baptisé « Stats big data et médecine », associe Valérie Seegers, médecin à l’Institut de cancérologie de l’Ouest (ICO), spécialisée en biostatistique et en épidémiologie en santé.

Ensemble, ils tentent de définir de nouvelles méthodes de traitement des données volumineuses. Face à l’abondance générée par les données « omiques », « les méthodes traditionnelles ne suffisent plus ».

Pour mettre au point leur modèle, qui combine différentes approches, l’équipe s’appuie pour l’instant sur des données publiques. Une fois validé, le modèle sera appliqué à une étude portant sur des femmes atteintes d'un cancer du sein avec métastases. « Actuellement, nous construisons la cohorte », précise Valérie Seegers, de l’ICO. « Et nous, nous préparons la méthodologie pour cette étude », complète Piotr Graczyk, porteur du projet Stats Big data et médecine.

Mobilités internationales

Les chercheurs angevins et polonais échangent régulièrement. Ils se rendent également visite, grâce notamment aux financements débloqués par l’UA. Pour la 2e année consécutive, le projet a en effet été retenu au titre de l’appel à projets Mobilité internationale pour la recherche (MIR).

À la suite de cette étude, les mathématiciens envisagent également de mettre leurs connaissances au service de la recherche sur les maladies mitochondriales. Des contacts ont été noués avec le Groupe de bioinformatique santé angevin (GBSA), né à l’initiative du professeur de génétique Vincent Procaccio.

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