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Star Wars au prisme du droit - Université Angers

Une étude juridique de la République galactique

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Star Wars : la force du droit

Affiche de Star Wars "Le retour de la force"  © The Walt Disney Company France

À la veille de la sortie du 7e épisode de la Guerre des étoiles, « Le Retour de la force », en salle le 16 décembre, Yannick Lécuyer, maître de conférences à l’Université d’Angers, décode la nature étatique de la République galactique décrite dans Star Wars.

Philosophie, sciences politiques, littérature… la série de films lancée par George Lucas en 1977 est devenue un terrain d’études pour plusieurs disciplines. Y compris le droit.

Le 3 décembre 2015, à l’Université de Strasbourg, un mini-colloque a rassemblé, à l’initiative de l’association MédiaDroit, une douzaine d’universitaires et doctorants autour de la saga. L’un a analysé les règles fiscales en vigueur dans la galaxie. Un autre s’est interrogé sur le statut juridique des robots autonomes, les « droïdes ». Autre question soulevée : que vaudrait devant un tribunal la bien tardive reconnaissance en paternité confessée par Dark Vador à Luke Skywalker, lors de la fameuse réplique « Je suis ton père » ? (Voir l'ensemble du programme)

Affiche du colloque Le droit contre-attaque
Maître de conférences HDR à la Faculté de droit, d’économie et de gestion de l’Université d’Angers, membre du centre de recherche juridique Jean-Bodin, Yannick Lécuyer s’est, lui, penché sur la nature de la République galactique. Ce régime politique est en vigueur dans les trois épisodes dits de « la prélogie », ceux sortis de 1997 à 2004. Il s’effondre après 25 000 ans d’existence, avec l’instauration de l’Empire, trame de fond de « la première trilogie » diffusée de 1977 à 1983. « La prélogie raconte le délitement d’une démocratie, constate Yannick Lécuyer, fasciné par Star Wars depuis son enfance, depuis qu’il a assisté à la projection de « L’Empire contre-attaque » à l’âge de 7 ans. On assiste à son glissement - en toute légalité - vers un empire autoritaire, à la suite d’un coup d’État de droit, qui est un copier-coller de la loi de 1933 qui a conféré les pleins pouvoirs à Hitler ».

Un parfum américain

Quel était le fonctionnement institutionnel de la République ? Sur quelles bases repose cette organisation imaginaire qui fédère d’innombrables planètes, de multiples Etats aux systèmes politiques variés (mais tous démocratiques, cf. la monarchie élective de Naboo) ?

Pour certains juristes, la République est assimilable à une organisation intergouvernementale, type Organisation des Nations Unies, avec son conseil, son secrétaire général, des forces armées mises à disposition par les États membres… Yannick Lécuyer n’y croit pas. Il plaide pour un véritable État, « fédéral, libéral, démocratique », « avec une constitution », un État qui « bat monnaie », qui repose sur « un territoire », « une population, des sujets qui disposent de droits et sont soumis à l’impôt », détaille le spécialiste du droit européen des Droits de l’Homme.

L’organisation politique et juridique de la République semble s’appuyer sur quatre piliers. Le pouvoir législatif est entre les mains d’une chambre unique, un Sénat composé d’élus, 1024 représentants de chacune des régions fédérées au sein de la République. Le pouvoir exécutif est lui confié à un Chancelier, « élu », la justice à la Cour suprême galactique, « réplique de la Cour suprême américaine ». Quatrième pilier : le Conseil Jedi, garant de la sécurité et de la démocratie. Même si, paradoxe, ce Conseil est dirigé par une oligarchie, s’amuse Yannick Lécuyer, bien conscient des limites d’une œuvre de fiction et de ses impératifs de narration. Car, faut-il le rappeler, Star Wars n’est pas la réalité.

Une autre image du droit

Pourquoi étudier ce cas fictif ? « Produire quelque chose qui soit à la fois sérieux et récréatif, pour nous, universitaires, c’est une vraie respiration ». Cette gymnastique intellectuelle donne surtout une autre image du droit. « Les sciences juridiques sont parfois austères. Ce type d’événements les rend plus accessibles. Le public qui a assisté au colloque nous l’a dit : les interventions étaient de très haute qualité, mais on s’est amusé, on a pris du plaisir à apprendre ». Un peu comme devant un bon film.
 

Retrouvez les vidéos de l’intervention de Yannick Lécuyer et du colloque
« Le droit contre-attaque » sur le site de l’Université de Strasbourg :

http://www.canalc2.tv/video/13591

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Un pont entre droit et cinéma

Ce n’est pas la première fois que Yannick Lécuyer érige une passerelle entre droit et cinéma. Depuis octobre 2014, il propose aux étudiants de licence une UEL autour de James Bond et les relations internationales. Les épisodes des aventures du célèbre 007 servent « de thermomètre du climat international d’une époque.  À partir de cette illustration, on étudie quelles conséquences a eu ce climat sur l’évolution du droit international ».

Dans ce cadre, une soirée spéciale a été proposée aux juristes angevins, le 19 novembre dernier, avec la projection dans un cinéma du dernier volet de la série « 007 Spectre ».

Concours René-Cassin

Spécialiste des libertés fondamentales et de la Convention européenne des Droits de l’Homme, Yannick Lécuyer est membre du jury du concours René-Cassin, plus ancienne épreuve francophone de plaidoiries sur le droit européen des Droits de l’Homme.

Pour la première fois cette année, une équipe de l’Université d’Angers participe à la compétition. Avec l’appui du Réseau angevin de droit international et européen (Radie), et les conseils d’une doctorante, Anaïs Auger, trois étudiantes inscrites en 1re année de master, Nora Girardon (Droit privé), Apsara Moselle (Droit privé), et Laurie Valverdé (Droit public, parcours International et européen), vont dans un premier temps tenter de décrocher une place en demi-finale, grâce à un mémoire rédigé à partir d’un cas fictif.

Trente équipes issues des pays membres du Conseil de l'Europe seront retenues sur leurs écrits pour les demi-finales disputées à Strasbourg les 30 et 31 mars, avant la finale des plaidoiries le 1er avril 2016.