Aller au contenuAller au menuAller à la rechercheAller à la page d'actualités

Sepomo / Fogel - Université Angers

Sepomo / Fogel

  • Partager la page sur les réseaux sociaux
  • Envoyer cette page par mail

    Envoyer par mail


    Séparés par des virgules
  • Imprimer cette page
  • Commenter cette page

Moltech : deux programmes sur les matériaux du futur

Moltech met au point des matériaux pour les panneaux solaires souples

Le laboratoire de chimie Moltech-Anjou a été retenu pour deux nouveaux programmes de recherche. L’un, européen, vise à améliorer les cellules solaires organiques. L’autre, national, pourrait déboucher sur la mise au point de microfibres conductrices pour l’électronique.

Sepomo

Moltech-Anjou sera l’un des principaux acteurs de Sepomo (Spins for efficient photovoltaic devices based on organic molecules). Retenu par la Commission européenne, au titre des Actions Marie Sklodowska-Curie (programme de financement Horizon 2020), il associe 11 partenaires, académiques (les universités d’Oxford, Mons, Dresde…) et industriels (multinationales et start-up). Leur but commun : améliorer la performance et la stabilité des cellules solaires organiques.

Ces cellules ont de sérieux avantages : leur production est moins chère que celle des panneaux photovoltaïques classiques basés sur le silicium, elle est moins polluante, plus durable. Elles peuvent être mises en œuvre dans des matériaux souples. Reste un souci : leur rendement, encore inférieur à la technologie la plus répandue. Le programme Sepomo vise à inverser la tendance.

Le laboratoire angevin fournira la matière première. « Notre rôle sera de synthétiser de nouveaux matériaux qui seront étudiés par nos collègues physiciens des autres universités. Ils vont essayer de comprendre les processus impliqués, en vue de leur optimisation, explique Philippe Blanchard, directeur de recherche CNRS, responsable de l’équipe Systèmes conjugués linéaires de Moltech. Les partenaires industriels pourront ensuite les tester à plus grande échelle ».

Aujourd’hui, seul le spectre visible de la lumière est transformé en énergie par les cellules. « Nous allons essayer de capter une plus large part du spectre solaire, notamment la lumière proche infrarouge ».

Plus de 3,8 millions d’euros (dont 525 000 pour l’UA) seront consacrés à ce programme de 4 ans démarré en octobre 2016 et porté par un laboratoire néerlandais de Groningen. Cette somme permettra notamment de financer deux thèses sur Angers.

Fogel

Marc Sallé et Philippe Blanchard
L’autre programme est directement porté par Moltech et son directeur Marc Sallé. Il s’intéresse aux organogels. « Ce sont des molécules qui ont la capacité d’interagir les unes avec les autres, pour former des réseaux qui vont piéger le solvant qui les environne. On passe alors d’un état liquide à un état gel », résume le professeur de chimie. Quand le solvant s’évapore, il reste l’ossature, un réseau de fibres microscopiques.

Le phénomène est connu de longue date. De 2012 à 2015, dans le cadre d’un programme régional baptisé Photogel, les chercheurs de Moltech se sont plus particulièrement penchés sur les gels organiques capables de restituer ou d’émettre de la lumière. « Nous avons obtenu des résultats extrêmement intéressants », relève Marc Sallé. Ils ont, entre autres, donné lieu à une publication remarquée dans Chemistry – A European Journal. « Nous avons notamment pu mettre en évidence l’efficacité d’un nouveau type d’interaction, de type “donneur-accepteur”, pour la construction contrôlée des fibres constitutives du gel. En introduisant un deuxième composé, on peut faciliter la prise et surtout avoir un meilleur contrôle sur la géométrie et la croissance des microfibres ».

Ces fibres organiques sont conçues pour conduire l’électricité. Elles pourraient être utilisées dans l’électronique et participer à sa miniaturisation.

Avant d’en arriver là, un important travail de recherche fondamentale reste à effectuer. Ce sera le cœur du programme Fogel, lancé en janvier 2017 pour 4 ans. « L’objectif est d’arriver à organiser la création des fibres selon une direction privilégiée ». Pour ce faire, les équipes de Moltech se sont associées à l’Institut parisien de chimie moléculaire, à l’Institut des molécules et matériaux du Mans et à des chercheurs suédois de Stockholm, spécialistes de la modélisation moléculaire. L’Agence nationale de la recherche (ANR) soutient ce programme collaboratif. Elle lui a alloué 400 000 euros, qui serviront notamment à recruter plusieurs post-doctorants. 

*
*
*