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Rosiers des XVIIIe et XIXe siècles - Université Angers

Rosiers des XVIIIe et XIXe siècles

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Florhige : au nom de la rose

Durant 4 ans, dans le cadre du programme interdisciplinaire Florhige, des historiens du Cerhio(1) et des généticiens de l’IRHSse sont penchés sur les facteurs de réussite de l’innovation horticole, et plus précisément sur les rosiers des XVIIIe et XIXe siècles.

 Dans l’histoire des rosiers, le XIXe siècle marque un tournant. « Cette plante cultivée depuis des centaines d’années devient un objet moderne, qu’on produit en grand nombre, qu’on consomme, qui suit des modes, explique Cristiana Oghina-Pavie, enseignante-chercheuse à l’UA, spécialiste de l’histoire du végétal. Cette introduction du rosier dans le commerce va changer la donne ». Les dénominations scientifiques cèdent la place à des noms plus évocateurs, plus vendeurs. Le débat est vif entre botanistes et horticulteurs, « les premiers accusant les seconds de se prendre pour Dieu en créant de nouvelles variétés, en créant des “monstres” », poursuit l’historienne du Cerhio-Angers.

En l’espace d’un siècle, le nombre de variétés explose : une centaine en 1800, environ 8000 en 1900. « C’est aussi une période où les pratiques agronomiques évoluent », note Fabrice Foucher, généticien à l’Inra, responsable du projet Florhige. Des roses originaires de Chine, l’autre grand pôle de domestication du genre Rosa, sont introduites et croisées avec des variétés européennes. Et, à force de sélections, le fond génétique asiatique va prendre le dessus. C’est ce qui ressort de l’analyse de 1200 espèces conservées dans des roseraies françaises.

Chacun peut voir la preuve de ce changement. Auparavant, les rosiers ne fleurissaient qu’une fois par an, au printemps, en raison « d’un répresseur qui empêche la remontée de floraison », poursuit Fabrice Foucher, animateur de l’équipe GDO de l’IRHS. Le gène à l’origine de ce répresseur est inactif chez les variétés chinoises. Aujourd’hui, la plupart des rosiers refleurissent plusieurs fois par saison.

Adieu Florhige, bonjour Rosemonde

Les résultats du programme interdisciplinaire ont été présentés le 6 septembre, en parallèle d’une exposition itinérante qui en reprend les principaux éléments (les méthodes de sélection, la classification, la conservation…). Un livre est également attendu.  

« Florhige se termine, mais la dynamique va se poursuivre », prévient Fabrice Foucher. Les équipes de l’IRHS et du Cerhio seront notamment des acteurs actifs d’un nouveau programme soutenu par l’Agence nationale de la recherche, baptisé « Rosemonde ». Porté par l’Université Bordeaux Montaigne, il s’intéressera à la création des roses, à leur patrimonialisation et à leur marchandisation dans le monde au XXe siècle.