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Un nouvel éclairage sur le PLU Patrimonial

Le programme « PLU Patrimonial », financé par l’Agence nationale de la recherche (ANR), touche à sa fin. Les résultats de ces 4 années de recherche sur les liens entre la planification territoriale et la protection des patrimoines ont été présentés les 17 et 18 juin 2019, aux Greniers Saint-Jean. Le point avec les pilotes de ce projet, Arnaud de Lajartre, maître de conférences, spécialiste du droit de l’urbanisme et du patrimoine et coordinateur du programme, et le géographe Mathieu Gigot, ingénieur de recherches.

Quels étaient les enjeux de départ du programme PLU Patrimonial ?

Arnaud de Lajartre : Il s’agissait de définir ce qu’on entendait quand on dit qu’un Plan local d’urbanisme est patrimonial ? L’expression « PLU Patrimonial » a été évoquée dans un projet de loi qui a abouti à la loi « LCAP » du 7 juillet 2016. Supprimé de la version finale de la loi, cet outil n'a pas d'existence législative. Pour autant il est de plus en plus appliqué dans les territoires. Quel est donc cet outil ? Et, au-delà, quelle est la capacité des PLU à intégrer le patrimoine et à le protéger ? Qu’apporte le PLU Patrimonial par rapport à d’autres outils, comme les sites patrimoniaux remarquables par exemple ?

Mathieu Gigot : Certaines collectivités disent s’appuyer sur le PLU Patrimonial. Nous avons essayé de comprendre ce qu’il y avait derrière. L’un des premiers enjeux a donc été de construire un certain nombre d’indicateurs pour nous permettre de définir cet objet, et questionner ensuite la prise en compte du patrimoine dans le PLU.

Les journées de clôture du programme ont eu lieu aux Greniers Saint-Jean
Les journées de clôture du programme ont eu lieu aux Greniers Saint-Jean
L’intérêt de ce projet a été de croiser les regards, avec 12 chercheurs investis, dont la moitié de juristes, mais aussi des géographes, sociologues, architectes. Le tout en lien étroit avec les acteurs de terrain.

AdL : Nous avons donc pu faire une analyse juridique des documents de planification, mais ces travaux nous ont également permis de questionner ce qui fait patrimoine et d’étudier les processus de désignation du patrimoine.

Quels ont été les principaux apports du programme ?

MG : Nous avons analysé une quarantaine de villes, dont les 20 plus grandes villes françaises, mais aussi des beaucoup plus modestes. Ce que l’on a constaté, c’est la diversité des situations, des façons de faire et des outils mobilisés.

AdL : Nous pensions au début aboutir à un portrait-robot du PLU Patrimonial mais, compte tenu de cette diversité, il était impossible de dresser un portrait type. Nous nous sommes donc focalisés sur les outils qui revenaient fréquemment et leurs atouts.

Ce travail a abouti à la publication d’un document d’une soixantaine de pages intitulé « Éclairages pour l’action » à destination des acteurs de l’urbanisme et de la protection patrimoniale. Sur quels patrimoines le PLU peut-il s’appliquer ? Pour quel niveau de protection ? Il ne s’agit pas d’une recette magique, mais de points de vue de chercheurs sur différentes thématiques, l’analyse d’un certain nombre de sujets avec la réponse à des questions que se posent les acteurs. Ils nous l’ont d’ailleurs dit lors du colloque de clôture, qui a réuni 140 personnes aux Greniers Saint-Jean.

Le programme a-t-il débouché sur d’autres réalisations concrètes ?

MG : Nous avons édité un 4 pages synthétisant le programme et expliquant quels patrimoines pouvaient être pris en compte, pour quelle protection ? Il fait écho au film documentaire d’une trentaine de minutes que nous avons réalisé. Il est disponible sur canal-u.tv, comme l’ensemble des vidéos qui ont été tournées lors de ces années. D’ailleurs, le document principal de 60 pages est né des capsules vidéos de 4 minutes que nous avons enregistrées avec les chercheurs. On y retrouve aussi des interviews, des balades filmées, nos séminaires et colloques. C’est un peu la mémoire du programme. Un livre est également en préparation. Il sortira en 2020.

AdL : Au-delà de tout ça, ce qui n’était pas prévu au départ, c’est que nous avons donné naissance à un jeu. Il invite quiconque à se mettre à la place d’un propriétaire qui voudrait faire rénover son habitation située en zone protégée. Et, ainsi, les participants découvrent, de manière ludique, tout le processus et les grands axes de la protection.

Ce projet de valorisation a reçu l’appui d’Angers Technopole, après avoir été retenu lors de l’appel à projets Maturation de projets innovants en Anjou (MPIA). Grâce à ce soutien, une étude de marché a été réalisée. Elle a confirmé l’intérêt des collectivités et des acteurs qui doivent expliquer ce qu’est un PLU, ses protections, etc. Nous travaillons à améliorer le côté ludique du jeu. Nous avons d’ailleurs été sélectionné pour participer à des ateliers d’amélioration, début juillet à Marseille, qui rassembleront des gens qui ont créé des jeux en lien avec la ville et l’architecture. Donc ce jeu va encore évoluer.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur :
-> https://plupat.hypotheses.org
-> la chaîne vidéo du programme

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