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Plan science ouverte - Université Angers

Plan national pour la science ouverte

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Science ouverte : l’UA déjà dans le mouvement

Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation a dévoilé le 4 juillet 2018 un plan national pour la science ouverte. Objectif : rendre accessible à tous, gratuitement, les publications et données de recherches. Depuis 5 ans déjà, l’Université d’Angers mène des actions en ce sens auprès de sa communauté scientifique.
Les explications de Philippe Simoneau, vice-président Recherche de l’UA.

 

Frédérique Vidal veut « faire de la science ouverte une de [ses] priorités », en rendant obligatoire la diffusion en accès ouvert des publications et ouvrages issus de recherches financées par appel à projets sur fonds publics. Elle veut également rendre accessible un maximum de données sur lesquelles se fondent ces recherches. Que cela vous inspire-t-il ?

Philippe Simoneau : C’est en phase avec la politique que l’UA porte depuis 2013, année où l’établissement a adopté un mandat en faveur de l’open access, appelant ses chercheurs à rendre librement accessibles le résultat de leurs recherches. Cette volonté est également inscrite dans notre projet d’établissement.

Depuis plusieurs années déjà, la politique européenne nous incite à aller en ce sens, par exemple, en rendant obligatoire pour les chercheurs lauréats d’un appel à projets H2020 de publier le résultat de leurs travaux en open access. Sur le plan national, l’annonce de Frédérique Vidal est aussi en adéquation avec la loi pour une République numérique, qui vise à ouvrir toutes les données publiques, et notamment celles issues de la recherche.

Au-delà des aspects réglementaires ou des exigences de nos financeurs, il nous semble normal, dans un esprit de bon rapport avec la société, de rendre le fruit de travaux accessibles à tous. Ça ne peut aller que dans le sens de renouer la confiance entre les citoyens et le monde scientifique, et éclairer certains débats dans un monde où les fake news sont présentes.

Comment concrètement cette volonté s’est traduite à l’UA ?

PS : Suite au mandat de 2013, nous avons créer une archive ouverte institutionnelle et la plate-forme numérique Okina, connectée avec l’archive ouverte nationale HAL. Les chercheurs doivent référencer sur Okina toutes leurs publications depuis 2008, en joignant la version intégrale des articles parus depuis 2012. On y trouve aujourd’hui plus de 2600 documents, et plus de 15 000 références bibliographiques. C’est bien, mais il reste des progrès à faire : il manque encore des références, et, on ne trouve le document associé que dans 17 % des cas.

L’objectif est de faire comprendre à notre communauté qu’il est impératif de signaler sur Okina leurs publications, et de déposer le document associé. Surtout que la loi numérique a levé des obstacles : ils ont désormais librement le droit de déposer une publication acceptée par une revue, 6 mois après publication si elle appartient au domaine des sciences, technique et de la médecine, ou après 12 mois pour les autres. Nous venons de recruter un chargé de mission à la Direction de la recherche (Dried), qui a notamment pour rôle de sensibiliser nos chercheurs et structures à la nécessité d’associer les publications avec leurs références. Cela passera par des temps d’information et des ateliers dans les unités. Si cela ne devait pas suffire, nous pourrions réfléchir à d’autres mesures. Par exemple, certaines universités ont adopté une forme de bonus qui récompense les laboratoires qui ont de bonnes pratiques. C’est peut-être une piste qu’il nous faudra explorer.

Et concernant les données de recherche ?

PS : C’est assez différent d’une communauté à l’autre. Certains chercheurs ont déjà l’habitude de mettre à disposition leurs données dans des banques de données gratuites et accessibles à tous. C’est par exemple le cas en biologie.

La nouveauté du plan, c’est de vouloir généraliser cette pratique à tout type de données et à toutes les communautés. Ce qui est très bien dans un objectif de diffusion des connaissances. Ces données ont une valeur et peuvent permettre de répondre à d’autres questions que celles initialement posées. Ceci devrait aussi aboutir à une encore plus grande intégrité scientifique, puisque chacun pourra vérifier les données sur lesquelles s’appuient les conclusions de telle ou telle étude.

Mais le plan acte aussi le fait que nous sommes dans une phase de transition, avec des outils à créer. Il faut qu’il y ait une structure, et un cadre pour pouvoir faire le tri entre les données qu’on peut, qu’on doit ou non partager. Je peux comprendre qu’il soit difficile pour un chercheur de mettre à disposition un ensemble de données récoltées qu’il n’a pas fini lui-même d’exploiter.

Frédérique Vidal évoque aussi un nécessaire changement culturel…

PS : Oui, il y a des mentalités à faire évoluer. Et au-delà un système à repenser. Aujourd’hui, les universités paient pour générer des données, paient les éditeurs pour pouvoir consulter les résultats ou les dédommagent pour avoir le droit de publier en accès libre. Ça ne va plus. Des négociations sont en cours avec les éditeurs pour revoir ce système. Même si certains chercheurs sont attachés au prestige des revues. Et on peut les comprendre puisqu’une part de leur évaluation est basée sur les publications et leur impact. Le modèle de l’évaluation doit certainement lui aussi évoluer. La ministre parle d’une approche plus qualitative. Si elle est cohérente, elle va également faire en sorte que les évaluations tiennent compte de l’aspect open science.

La formation aura également un rôle clé, notamment celle des jeunes chercheurs. Dès l’année prochaine, nous allons lancer une formation à l’intégrité scientifique auprès des doctorants. Elle devra rapidement être complétée par une formation à la science ouverte.

Pour en savoir plus sur l'open access à l'UA, rendez-vous sur la page dédiée

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