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Open access - Université Angers

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L'exemple belge qui inspire Okina

Paul Thirion, instigateur de l'archive ouverte de l'université de Liège

L'open access devient peu à peu une réalité à l'Université d'Angers. La plate-forme d'archive ouverte Okina offrira bientôt à tous la possibilité de consulter en ligne et gratuitement les derniers travaux des chercheurs de l'UA. Le modèle retenu s'inspire largement de celui mis en place à Liège. Paul Thirion, directeur du réseau des bibliothèques de cette université, a partagé l'expérience belge lors des 1res Journées d'étude du droit d'auteur, organisées à l'UA les 4 et 5 juillet.

En novembre 2008, l'Université de Liège (ULg) lançait officiellement Orbi, à la fois répertoire et bibliographie institutionnels ouverts. Objectif : mettre à disposition du « monde » (orbi) sa production scientifique, « sans contrainte technique ou financière ». L'ULg adopte alors un mandat qui appelle ses chercheurs à déposer « les références de toutes publications depuis 2002 », a rappelé Paul Thirion, ainsi que la version électronique intégrale « de tous les articles parus dans des périodiques » depuis la même date. Consciente qu'elle ne peut légalement imposer à ses chercheurs de dévoiler leurs derniers travaux, l'ULg adopte des règles internes suffisamment contraignantes pour être convaincantes : « Seules les publications figurant dans Orbi sont prises en compte dans toutes les procédures d'évaluation, de promotion, d'attribution de crédits, a expliqué, dans un style direct, Paul Thirion. Si vous avez publié dans Science ou Nature, mais que vous n'êtes pas dans Orbi, c'est comme si vous n'aviez rien fait ».

L'auteur reste maître du jeu

Coercitif, le système n'en laisse pas moins les chercheurs maîtres de la nature des travaux qu'ils souhaitent diffuser. « À chaque discipline de définir ses règles : une communication lors d'un colloque en médecine peut ne pas être considérée comme essentielle, alors qu'elle aura une valeur en sciences humaines ». L'auteur garde la main sur le tempo : « Ce n'est pas une équipe spécialisée ou des bibliothécaires qui effectuent le dépôt, mais l'auteur lui même. C'est son bébé scientifique, c'est lui qui est l'acteur de sa diffusion ».

Plusieurs options de diffusion s'offrent à lui : en accès libre (consultable par tous), en accès restreint (uniquement visible des membres de l'ULg ou des personnes qui en ont préalablement fait la demande à l'auteur), ou en accès privé (pour des documents confidentiels, adjuvants...). « Déposer n'est pas donner accès ».

Reste la question de l'éditeur. « Les trois-quart des grands éditeurs acceptent le dépôt en open access, assure Paul Thirion. Sous différentes formes » : en pré-print (version de l'auteur avant acceptation par l'éditeur), post-print auteur (version publiée, sans la mise en page de l'éditeur), ou dans la version éditeur (avec sa mise en page). Paul Thirion insiste sur l'importance pour un chercheur « de négocier son contrat. Il ne faut pas céder les droits dont l'éditeur n'a pas strictement besoin ». Pour aider les chercheurs, l'ULg a mis à leur disposition un guide juridique pratique, ainsi que des modèles de lettres, de clauses et d'avenants aux contrats, en français et en anglais.

Visibilité accrue

Les résultats de ce système sont spectaculaires. « Avant Orbi, on estimait que l'ULg produisait 3500 publications par an. On s'est rendu compte qu'on était plus proche des 9000 ». Aujourd'hui, Orbi rassemble 112 000 références, dont plus de 68 000 avec le texte intégral. « Près de la moitié des auteurs déposent en open access, ce qui n'est pas obligatoire », précise Paul Thirion. « On enregistre environ 3000 consultations par jour. Chacun des articles est en moyenne téléchargé 61 fois ».

La visibilité du chercheur et de son laboratoire sont augmentées : « Une référence qui est sur Orbi est deux fois plus citée que si elle est uniquement sur Scopus », l'énorme base de données transdisciplinaire de publications scientifiques.

Même certains éditeurs semblent y avoir trouvé leur compte : « Un éditeur belge, dont 70 % des articles sont sur Orbi, a augmenté ses ventes, affirme le bibliothécaire liégeois. Orbi a offert une formidable vitrine à sa revue, et les gens se sont mis à davantage l'acheter ».

En savoir plus sur Orbi, l'historique du projet, le contenu d'Orbi, ses aspects juridiques, ses bénéfices et ses fonctionnalités.

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Okina, la plate-forme de l'UA

La plate-forme Okina est en cours d'enrichissement

L'Université d'Angers s'est lancée dans la voie de l'open access, le « libre accès ». Objectif : permettre à tous de prendre gratuitement connaissance des derniers résultats de recherche de ses laboratoires. Fin mars 2013, l'UA a officiellement décidé de créer une archive ouverte institutionnelle, sous mandat de dépôt : les chercheurs devront y « signaler toutes leurs publications depuis 2008, et y adjoindre leurs articles parus depuis 2012, en version intégrale », rappelle Stéphanie Bouvier, en charge de ce projet.

Une première plate-forme a été mise en ligne en avril 2014. Son nom : Okina, pour Open Knowledge, Information, Access. En attendant sa prochaine ouverture au public, huit laboratoires ont commencé à enrichir le contenu. En l'espace de deux mois, quelque 2800 références bibliographiques et près de 200 textes intégraux ont été déposés. D'autres suivront. L'ensemble des laboratoires rattachés à l'UA devraient intégrer le dispositif avant fin 2015.

Plus d'infos sur Okina auprès de Stéphanie Bouvier
stephanie.bouvier @ univ-angers.fr