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Moustiques - Université Angers

Programme Asyneo

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Sifcir : sus aux moustiques résistants !

Un moutique tigre

Le laboratoire Sifcir développe une solution pour venir à bout des moustiques vecteurs de maladies, résistants aux insecticides. Un nouveau programme de maturation soutenu par la Satt Ouest Valorisation vient de débuter.

Paludisme, chikungunya, dengue, zika et autres fièvres… Près de 600 millions de cas de ces maladies à transmissions vectorielles sont recensés chaque année dans le monde. Et le chiffre augmente.

Les autorités sanitaires élaborent de nouvelles stratégies pour diminuer le risque d’infection. Il s’agit notamment de limiter les contacts avec les moustiques vecteurs de ces pathologies souvent sévères et pour lesquelles il n’existe, le plus souvent, pas de vaccin ni traitement. L’une des solutions consiste à traiter les textiles qui nous entourent (habits, moustiquaires…). Problème : des populations de moustiques sont devenues résistantes aux insecticides pyréthrinoïdes préconisés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Une association inédite

Membre du Centre national d’expertise sur les vecteurs (Cnev) et du réseau international Win sur les moustiques résistants, le laboratoire angevin Sifcir (Signalisation fonctionnelle des canaux ioniques et récepteurs) cherche depuis plusieurs années à optimiser les traitements insecticides et à contrer le développement des mécanismes de résistance. À la suite d’une thèse financée par la Direction générale de l’armement (DGA) et la Région Pays de la Loire, deux demandes de brevets ont été déposées.

La solution imaginée par l’équipe du Sifcir repose sur l’association de deux composés de familles chimiques différentes, à savoir un répulsif (IR3535) et un insecticide de type néonicotinoïde. « Nous utilisons des doses tellement faibles que pris séparément les deux composés n’auraient aucun effet sur les moustiques, explique le professeur de neurophysiologie Bruno Lapied, porteur du projet. Mais mis ensemble, cela devient une “bombe”. Le répulsif agit comme agent synergisant, une mèche qui met le feu à la poudre. Il déclenche une chaîne de réactions cellulaires qui va rendre la cible beaucoup plus sensible à l’insecticide ».

24 mois d’études

À partir de mars 2016, un premier programme de maturation de 6 mois soutenu par la Satt Ouest Valorisation, a permis de compléter les données in vitro et de confirmer que « notre stratégie est efficace sur les moustiques résistants », poursuit Bruno Lapied. Un deuxième programme, baptisé Asyneo (Agent synergisant pour néonicotinoïde) vient de démarrer, toujours accompagné et financé par la Satt Ouest Valorisation. « Nous sommes les seuls au niveau national, voire plus, à faire cela. C’est aussi l'une des raisons pour lesquelles nous sommes soutenus ». 

Les 24 mois d’études vont permettre de finaliser la phase in vitro et de « passer à l’étape terrain », grâce à une collaboration avec une unité de recherche montpelliéraine (Mivegec). Un ingénieur de recherche assurera l’interface.

Il reste encore beaucoup à explorer : opter pour une action contre les adultes ou, dans l’eau, contre les larves ; trouver la formulation optimale ; s’assurer de sa non-toxicité… « Il faudra peut-être encore 10 ans avant d’arriver à une phase industrielle, précise Bruno Lapied. Mais la finalité, c’est bien de pouvoir l’utiliser dans l’espace public ».

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