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Livre Tournier - Université Angers

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Michel Tournier : l’écriture du temps

Mathilde Bataillé, auteure de "Michel Tournier : l'écriture du temps"

Quatre ans après avoir soutenu une thèse sur le sujet à l’Université d’Angers, Mathilde Bataillé signe un ouvrage sur l’appréhension du temps dans l’œuvre de l’écrivain Michel Tournier, disparu en 2016.

Le 18 janvier 2016, Michel Tournier s’éteignait à l’âge de 91 ans, laissant derrière lui une importante contribution à la littérature française, avec neufs romans parmi lesquels Le Roi des aulnes (prix Goncourt 1970) et le best-seller Vendredi ou la Vie sauvage, adaptation jeunesse de Vendredi ou les limbes du Pacifique, mais aussi des contes, des recueils…

Marchant sur les pas d’Arlette Bouloumié, professeure de littérature moderne à l’Université d’Angers, spécialiste reconnue de Tournier, Mathilde Bataillé s’est consacrée à l'étude des textes de l'écrivain. Elle a mené à bien une thèse de doctorat sur « l’appréhension du temps dans l’œuvre de Michel Tournier », soutenue en septembre 2013. « La présence du fonds documentaire Tournier à la BU d’Angers, qui comporte de nombreux articles de presse, textes critiques et mémoires sur l’auteur, a été précieuse pour mes recherches », souligne la Rennaise, qui a effectué la majorité de son cursus universitaire à l’UA.

Un rapport angoissé au temps

Ce travail doctoral est à l’origine de l’ouvrage paru en mai 2017, aux Presses universitaires de Rennes (PUR), avec le soutien de l’UA. L’étude prend pour point de départ deux concepts « empruntés à la caractérologie », et maniés par Tournier : l’appréhension du temps dite « primaire » et l’appréhension « secondaire ». « Tournier faisait la distinction entre les êtres “primaires”, qui vivent au présent, ne se projettent pas, ont un rapport serein au temps, et ceux qui ont une appréhension “secondaire”, c’est-à-dire un rapport plus angoissé, des regrets, de la nostalgie ou qui redoutent le futur, l’inconnu ».

La thématique du temps, nourrie des lectures philosophiques de l'auteur, est très présente dans les trois premiers romans de Tournier, Vendredi (1967), Le Roi des aulnes (1970) et Les Météores (1975). Chacun de ces récits témoigne d’une évolution du personnage principal, « de l’angoisse vers un rapport plus apaisé au temps ». Le cas de Robinson est exemplaire à ce titre. « Tourmenté, il va peu à peu perdre au contact de Vendredi toute notion du temps, pour une vie simple, au présent, résume Mathilde Bataillé. Tournier rappelle ainsi que le rapport au temps est une construction sociale, civilisationnelle, puisque sur l’île déserte, le personnage revient à un temps plus naturel ».

Après les trois grandes œuvres mythologiques, le thème du temps s’estompe dans ses récits courts ou dans ses textes brefs non fictionnels que l’auteur privilégie les années passant, « comme si le rapport au temps qu’entretenait Tournier s’était apaisé et se traduisait par une évolution de ses choix formels. Est-ce la réalité ? Ou l’image qu’il voulait donner de lui, de son œuvre, puisqu’il admirait le côté primaire d’écrivains comme Valéry ou Colette, mais était plutôt un secondaire ? »

Une partie de la réponse se trouve dans le livre de Mathilde Bataillé, préfacé par Arlette Bouloumié. Chercheuse associée au Cirpall, celle qui enseigne aujourd’hui l’expression et la communication au sein du département LEA de la Faculté des lettres, langues et sciences humaines poursuit ses travaux sur l’œuvre de Tournier, et plus largement sur la littérature contemporaine. Elle rédige notamment des notices pour le futur « Dictionnaire Michel Tournier », en préparation pour les éditions Honoré-Champion.

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Pratique


Michel Tournier : l’écriture du temps,
de Mathilde Bataillé,
préfacé par Arlette Bouloumié,
est paru en mai 2017 aux Presses universitaires de Rennes (PUR), dans la collection Interférences.
332 pages.
Prix : 24 euros.

N°ISBN : 978-2-7535-5393-4

L'ouvrage est également disponible en prêt à la BU Belle-Beille.