Aller au contenuAller au menuAller à la rechercheAller à la page d'actualités

Images de familles - Université Angers

Programme Enjeu[x]

  • Partager la page sur les réseaux sociaux
  • Envoyer cette page par mail

    Envoyer par mail


    Séparés par des virgules
  • Imprimer cette page
  • Commenter cette page

Ce que disent les photos de famille

Portrait d'une famille dans les années 1970

Jusqu’en janvier 2018, l’Université d’Angers et le programme Enjeu[x] se penchent sur les photos de famille. Avec en point d’orgue : « Familles en images », une semaine mêlant rendez-vous culturels, citoyens et scientifiques sur les familles d’aujourd’hui et leurs représentations.

La Galerie Dityvon implantée au cœur de la BU Saint-Serge accueille jusqu'à Noël une exposition d’Hugues de Wurstemberger, prix Niépce 1990. Le photographe suisse y livre sa vision de la famille, à travers des images en noir et blanc de ses proches, et notamment de ses deux enfants « Pauline et Pierre » qui donnent le titre à cette série. Un album de famille tout en nuances, pudique et poétique à la fois.

L'exposition "Pauline et Pierre" est visible jusqu'au 21 décembre à la BU
Le 19 octobre 2017, le vernissage de l’exposition a été précédé d’une conférence d’Yves Denéchère, professeur d’histoire contemporaine à l’UA. Le coordinateur scientifique du programme Enjeu[x], centré sur l’enfance et la jeunesse, a dressé une rapide histoire de la famille et de ses représentations.

Yves Denéchère a montré comment les photos de famille sont révélatrices d’une époque. Ainsi, les premiers daguerréotypes donnent à voir « le modèle de la famille bourgeoise » qui fait alors figure de référence, avec des images « très posées, très statiques, note le chercheur du Cerhio. On peut y voir la stabilité du mariage, l’autorité du père ».

Évolutions sociétale et technique

La place des enfants dans la société, dans la famille, évolue au cours du XIXe siècle. En 1889, la toute-puissance paternelle est juridiquement remise en cause. Entre époux, les choses changent aussi. « L’amour est désormais considérée comme le ciment du couple ». Les photos du début du XXe siècle « sont davantage dans l’intimité, autour d’événements comme les baptêmes, le mariage… »


Après la saignée démographique de la Première Guerre mondiale, « l’enfant représente une promesse d’avenir ». Et ça se voit sur les clichés. La période de l’entre-deux guerres est aussi marquée par le développement d’une politique familiale, avec la création des allocations par exemple. En 1936, les premiers congés payés sont instaurés. Ils s’imprimeront sur pellicule après la Seconde Guerre mondiale. La famille sort alors du cadre quotidien et immortalise des instants de vacances.

La technique progresse en parallèle. « L’appareil photo se popularise. On commence même à en offrir aux enfants ».

Les souvenirs sont rangés dans l’album de famille, que l’on consulte et commente collectivement. « C’est un tri, une sélection de moments heureux ». Ce bonheur doit paraître authentique. Les poses figées sont supplantées par des prises de vue sur le vif.

Objets de recherche

Qu’en est-il aujourd’hui, à l’heure de la famille polymorphe, des selfies, de ses milliers d’images numériques stockées mais rarement regardées ? Sur ces points, Yves Denéchère a laissé la parole à deux autres enseignants-chercheurs de l’UA, également impliqués dans le programme Enjeu[x].

La psychologue clinicienne Claudine Veuillet-Combier et le psychologue et sociologue clinique Emmanuel Gratton travaillent sur les formes contemporaines de familles et leurs représentations. Pour nourrir leurs recherches, ils ont notamment demandé à des enfants de deux écoles angevines, l’une en quartier populaire, l’autre d'un secteur plus aisé, de sélectionner et de produire des images de leur propre famille. Avec, au final, des différences notables d’un milieu à l’autre, mais également de forts points communs. Parmi ceux-ci : le pouvoir des photos de « nourrir l’imaginaire familial » et d’assurer « une fonction mémorielle, narrative, au service du sentiment d’appartenance familial ». 

Ces travaux ont donné lieu à des conférences et à une exposition, grâce à un partenariat avec l’École supérieure des beaux-arts TALM-Angers. Elle sera de nouveau présentée à compter du 10 janvier 2018 à la Maison de la recherche Germaine-Tillion, dans le cadre de « Familles en images ». Neuf rendez-vous culturels, scientifiques, citoyens sont au programme de cet événement initié par le programme Enjeu[x].  Les 11 et 12 janvier, un colloque multidisciplinaire permettra précisément de mieux comprendre ce que les images nous donnent à voir de la famille d’aujourd’hui.

*
*
*

Pratique

« Pauline et Pierre »
Expo photo d’Hugues de Wurstemberger.

Visible à la BU Saint-Serge, jusqu’au 21 décembre 2017, du lundi au samedi de 8h30 à 22h30, et, le dimanche (à compter du 19/11), de 13h à 20h.

L'une des images de l'exposition "Pauline et Pierre", par Hugues de Wurstemberger

 

« Familles en images »,
à Angers.

Du 9 au 13 janvier 2018.

Le programme complet est disponible sur le site d'Enjeu[x]