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Photonique : une révolution technologique se prépare à l'UA

Du 9 au 13 juillet 2019, plus de 450 scientifiques de tous les continents se retrouvent à l’UA pour la 21e édition de la Conférence internationale sur les réseaux optiques transparents (ICTON), organisée par Moltech-Anjou. Il y sera notamment question des technologies d’avenir pour l’électronique ou les télécommunications. Parmi les conférenciers : un prix Nobel de chimie. Professeur de physique à l’UA, Bouchta Sahraoui est le président du comité d’organisation de cet événement. Entretien.

Tout d’abord, pouvez-vous expliquer ce que sont les « réseaux optiques transparents » ?

Bouchta Sahraoui : C’est un terme large, qui regroupe tout ce qui concerne les technologies tout-optiques et transparentes, c’est-à-dire faisant appel à des matériaux transparents par rapport à une longueur d’onde : toute la lumière qui va arriver sur le matériau va être transmise. Ceci est utilisé dans différents domaines, comme les télécommunications, le stockage d'informations ou l’optoélectronique…  Le remplacement des fils et des câbles traditionnels de cuivre des ordinateurs par des fibres optiques est un exemple des applications envisageables qui se traduirait par une énorme augmentation de la vitesse de transfert des données.

Bouchta Sahraoui, dans un des laboratoires de MOLTECH, consacré  à l'étude des (nano)matériaux par lasers
Bouchta Sahraoui, dans un des laboratoires de MOLTECH, consacré à l'étude des (nano)matériaux par lasers
L’importance de la photonique, des matériaux et leurs applications est illustrée par les derniers prix Nobel de physique. Depuis 2012, trois sont en lien avec ces thématiques, dont celui de 2018 qui a récompensé Arthur Ashkin, Donna Strickland et le français Gérard Mourou pour leurs travaux sur la physique des lasers et leurs applications.

L'ICTON est le principal rendez-vous annuel pour cette thématique des réseaux optiques transparents. Quel est le programme de ces cinq jours qui vont se dérouler à la Faculté des sciences ?

BS : Nous avons une quarantaine de sessions et ateliers qui vont permettre de faire le point sur l’actualité de différents domaines, comme un workshop sur les communications quantiques, un autre sur les composants photoniques intégrés et leurs applications qui pourraient un jour remplacer l’électronique classique : dans ce cas, le vecteur d’information n’est pas un électron, mais un photon. Nous parlerons également de techniques de microscopie optique, de cristaux photoniques, ou encore des applications pour le réseau 5G…

Quatre conférences plénières sont programmées, avec des intervenants de renom. Dont le professeur Jean-Marie Lehn, prix Nobel de chimie en 1987, qui a créé un nouveau domaine de la chimie qu’il a appelé la « chimie supramoléculaire » parce qu'elle s'intéresse aux entités complexes formées par l'association de deux ou plusieurs espèces chimiques liées entre elles par des forces intermoléculaires. Nous entendrons aussi la professeure Isabelle Ledoux-Rak, experte en optique non linéaire de matériaux organiques et de nanomatériaux, lauréate du Fernand Holweck Medal and Prize et directrice du laboratoire LPQM de l’École normale supérieure Paris-Saclay. Le professeur italien Gaetano Assanto, auteur de plusieurs publications dans des revues reconnues telles que Nature and Science, dressera un état de l’art sur la propagation des solitons spatiaux qui sont utilisés dans les guides d’ondes ou les télécommunications. Je pense que l'optique non linéaire va vraiment révolutionner le monde dans quelques années. Enfin, le professeur britannique Peter Cochrane, de Suffolk, interviendra sur les nouveaux défis que doivent relever les réseaux internet.

Pourquoi l’UA a-t-elle été retenue pour accueillir cet événement international ?

BS : Je participe à cette conférence depuis les toutes premières éditions qui ont eu lieu en Pologne, à l’initiative de l’Institut national des télécommunications qui est notre partenaire pour l’organisation.  Mais c’est la première fois qu’Angers l’accueille. Les thématiques correspondent à celles explorées par les laboratoires de l’UA, que ce soit Moltech-Anjou ou le Lphia, mais elles intéressent aussi les informaticiens du Leria ou certains collègues du Laris. D’ailleurs, les innovations majeures aujourd’hui se font à l’interface de la physique, de la chimie et de la biologie… Nous avons vraiment intérêt à travailler de manière collective et coordonnée.

La recherche à l’UA dans ces domaines a atteint une certaine réputation – il suffit de regarder le nombre de collègues angevins qui vont intervenir. L’organisation de cette conférence est aussi une manière de faire connaître notre savoir-faire et notre territoire qui est très en pointe sur plusieurs thématiques qui seront discutées. Je pense qu’il y aura des retombées positives, en termes économiques ou de rayonnement.

Retrouvez le programme complet de l'ICTON 2019 sur le site de l'événement

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