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Gilles Ménage - Université Angers

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« Gilles Ménage : un homme de langue dans la République des Lettres »

Portrait supposé de Ménage, par Bernard Vaillant (1666)

Le n°88 de Littératures classiques, revue de référence dans le domaine, est consacré à l’Angevin « Gilles Ménage : un homme de langue dans la République des Lettres ». Paru fin 2015, il a été coordonné par Isabelle Trivisani-Moreau, enseignante-chercheuse à l’Université d'Angers, spécialiste de la littérature du XVIIe siècle.

Né en 1613 à Angers dans une famille de notables, Gilles Ménage voit sa carrière d’avocat contrariée par des problèmes de santé. À 27 ans, il s’installe à Paris et se met au service de l’Église. « Il reçut la tonsure en 1640 et le sous-diaconat en 1648, rappelle l’historien François Brizay, dans l’article qui ouvre le n°88 de Littératures classiques. Ce statut présentait de solides avantages : il permettait d’acquérir des bénéfices et d’avoir du temps à consacrer aux études ».

Dès 1650, Gilles Ménage, qui maîtrise le latin, le grec, l’espagnol, l’italien et les bases de l’hébreu fait paraître l’une de ses œuvres maîtresses, « Origines de la langue française », considéré comme le premier dictionnaire étymologique du français (l’ouvrage sera d’ailleurs réédité deux ans après sa mort, en 1694, sous le titre de « Dictionnaire étymologique de la langue françoise »). Ses « Observations sur la langue françoise » marqueront également le débat intellectuel à une époque où la langue devient un enjeu d’unification du royaume de France : un pays, avec une langue, s’appuyant sur des règles et des mots communs. « Par rapport à beaucoup d’autres, qui souhaitaient fixer la langue française, Gilles Ménage, provincial installé à Paris, a défendu l'idée que la langue était évolutive », explique Isabelle Trivisani-Moreau, maîtresse de conférences en lettres à l’Université d’Angers, membre du Ceriec, et coordinatrice de la revue sortie en décembre 2015.

Bien connu des linguistes

Gilles Ménage est aujourd’hui bien connu des linguistes. Mais ses recherches étymologiques et ses prises de position sur la grammaire ne sont qu’un pan de la production de l'érudit, dont l’œuvre diversifiée (études historiques, poésies, critique littéraire…) permet de mesurer la porosité de l’activité des lettrés du XVIIe siècle. « Il est aussi l’une de ses figures qui aident à évaluer la circulation des savoirs à travers les catégories sociales comme au sein du réseau savant que constituait la République des Lettres. C’est pour cela qu’il nous a paru important d’instaurer un dialogue entre linguistes, historiens et littéraires sur le cas Gilles Ménage », indique Isabelle Trivisani-Moreau qui a organisé un colloque consacré à cette personnalité, à l’occasion des 400 ans de sa naissance.

Le numéro de Littératures classiques doit beaucoup à ce colloque de 2013. À travers 17 contributions, il donne à voir les multiples facettes de Gilles Ménage, replace sa production dans son contexte, et livre les clés pour comprendre l’héritage qu’il a laissé.

Au sommaire :

Isabelle Trivisani-Moreau
Présentation

Première partie. «Le plus communicatif de tous les hommes»

François Brizay
Gilles Ménage, figure angevine de la République des Lettres

Richard Maber
La correspondance de Gilles Ménage: une ressource révélatrice et méconnue

Eliane Itti
Deux amis de Ménage: Tanneguy Le Fèvre et Mme Dacier

Isabelle Trivisani-Moreau
Géname et la ruelle de l’abbé de Pure

Camille Esmein-Sarrazin
Ménage lecteur et correcteur de La Princesse de Montpensier de Mme de Lafayette

Ioana Manea
La Mothe Le Vayer et Gilles Ménage: concordances ou discordances?

Deuxième partie. L’épaisseur de la langue

Jean-Christophe Pellat
Le «bon usage» de Gilles Ménage: analyse du discours d’un grammairien érudit

Isabelle Turcan
L’œuvre littéraire et linguistique de Gilles Ménage: une complémentarité intertextuelle exceptionnelle

Gilles Siouffi
Ménage: entre savoir philologique et imaginaire linguistique

Alain Schneider
La question de la syntaxe dans les Observations sur la langue françoise (1672) de Gilles Ménage

Agnès Steuckardt
Inventeurs et passeurs de mots Le rôle des sujets de langue d’après Gilles Ménage

Jaroslav Štichauer
Gilles Ménage morphologue

Eric Tourrette
Ouvrier, bouclier: diérèse ou synérèse?

Troisième partie. Ménage après Ménage

Juan García Bascuñana
Gilles Ménage et l’Espagne

Francine Wild
Ménage après Ménage: les versions successives du Menagiana (1693, 1694, 1715)

Véronique Sarrazin
Un maître de l’érudition au temps des Lumières : la réédition du Dictionnaire étymologique de Ménage en 1750

Éléments bibliographiques

Référence


Coordonné par Isabelle Trivisani-Moreau, le n°88 de Littératures classiques intitulé « Gilles Ménage, un homme de langue dans la République des Lettres », a été publié en décembre 2015 aux Presses universitaires du Midi (274 pages).

N° ISBN : 978-2-8107-0413-2

Prix : 25 euros

Plus d'informations sur le site des PUM
et sur cairn.info