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Concours Oséo "Emergence" - Université Angers

Concours Oséo "Emergence"

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Prédire l'efficacité des anti-cancéreux, bientôt possible

Expression tumorale d’une protéine permettant la résistance aux traitements anti-cancéreux
Le projet de création d'entreprise innovante THEREX, porté par le Centre de recherche en cancérologie Nantes-Angers U892 et l'Institut de Cancérologie de l'Ouest, est lauréat du concours national Oséo « Émergence » depuis le 5 juillet. Les équipes angevine et nantaise projettent de créer une start-up à partir de leurs découvertes sur le comportement des cellules tumorales en réponse à une chimiothérapie.

Dirigée par Olivier Coqueret, l'équipe angevine co-porteuse du projet THEREX (THERanostic EX Vivo), focalise ses recherches sur le cancer du côlon, tandis que l’équipe dirigée par son collègue nantais Philippe Juin, travaille sur le cancer du sein. Les deux laboratoires étudient en parallèle depuis plusieurs années la façon dont une tumeur échappe au traitement de chimiothérapie. Ils ont décidé d'unir leurs forces au service de la création d'une entreprise spécialisée dans la recherche des marqueurs prédictifs de l'efficacité d'une thérapie contre le cancer. Avec la dotation de 50 000 euros reçue du ministère de l'Enseignement supérieur et de la recherche, les chercheurs vont pouvoir vendre des tests fiables aux sociétés pharmaceutiques dans la chaîne de développement pré-clinique de médicaments.

Au départ, chaque équipe avait son propre projet d'entreprise. « L'équipe angevine que je dirige a répondu à l’appel d'offre MPIA d'Angers Technopole grâce auquel nous avons pu financer le développement de ces travaux et un audit économique », explique Olivier Coqueret. Le résultat des analyses montre que le projet est viable économiquement et intéresse l'industrie pharmaceutique. Mais il leur a été conseillé d'élargir leur projet à d'autres types de cancer. Ce qui les a conduit à mutualiser leur projet avec celui de l'équipe nantaise, spécialiste du cancer du sein.

Protéines permettant la résistance à la chimiothérapie

Éviter les mécanismes de résistance aux traitements anti-cancéreux, voilà le cœur de l'innovation bientôt proposée par la société THEREX. Olivier Coqueret et son équipe étudient des marqueurs, en l'occurrence des protéines, présentes au sein de la tumeur. Certaines protéines permettent en effet la résistance aux chimiothérapies, d'où la nécessité de les identifier pour savoir si le traitement envisagé pour un patient sera efficace. « Le Dr Catherine Guette a développé dans le laboratoire une approche protéomique qui identifie les protéines produites par la tumeur qui pourront être détectées dans le sang du patient », détaille Olivier Coqueret. Cette méthode non invasive facilite les prélèvements, pratiqués jusqu'ici au cœur même de la tumeur, soit par biopsie, soit une fois la tumeur extraite. Une quinzaine de protéines circulantes ont été identifiées ; leur rôle prédictif dans la résistance à la chimiothérapie est en cours d’analyse par un autre membre du laboratoire, le Dr Benjamin Barré. Un premier brevet a été déposé pour un des ces marqueurs.

De son côté, l'équipe de Phillipe Juin à Nantes a mis au point une technique unique de culture ex vivo pour maintenir vivantes des tumeurs à la sortie du bloc opératoire pendant 2-3 jours. Les chercheurs testent ainsi l’efficacité de la chimiothérapie directement sur ces pièces opératoires pour évaluer les capacités de résistance tumorale. Chaque tumeur est analysée par une approche transcriptomique pour associer un profil tumoral à une résistance à un type de chimiothérapie. Les approches des équipes de Philippe Juin et Olivier Coqueret se complètent donc pour dresser une carte complète des capacités de résistance des tumeurs mammaires et colorectales aux traitements anticancéreux.

Les chercheurs nantais et angevins accumulent ainsi les connaissances dans l'objectif de proposer aux sociétés pharmaceutiques d'optimiser le développement de leurs médicaments grâce à la détection des protéines induisant la résistance au traitement des tumeurs mammaires et colorectales. Ces tests permettront ensuite de choisir le traitement le plus adapté pour chaque patient et de suivre la réponse thérapeutique en amont. Forts de la fusion de ces nouvelles méthodes d'identification des marqueurs protéiques prédictifs de l'efficacité d'une thérapie, Olivier Coqueret et Philippe Juin envisagent une ouverture de la société dans les 2 ans.

 

Légende photo : Expression tumorale d’une protéine permettant la résistance aux traitements anti-cancéreux


Thérèse Rosset

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Remerciements

Olivier Coqueret tient à remercier les personnes qui contribuent à l'avancée du projet, et notamment :

- Marina Le Marchand, chargée de mission à Angers Technopole

- Mario Campone, oncologue, professeur à l’Université d’Angers et à l'Institut de cancérologie de l'ouest, qui coordonne la partie médicale sur les tumeurs mammaires.