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Colloque "Heavy metal et sciences sociales" - Université Angers

Colloque "Heavy metal et sciences sociales"

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Heavy metal : la recherche se structure

Un artiste au festival Hellfest

Les 18 et 19 décembre 2014, près de 300 personnes, scientifiques et acteurs professionnels, ont pris part au colloque « Heavy metal et sciences sociales » organisé à l'Université d'Angers, dans le cadre du projet régional Valeur(s) et utilité de la culture.

L'enjeu

Le premier colloque de cette ampleur organisé en France entendait faire un état des lieux de la recherche dans le monde francophone. « Les recherches en sciences sociales sur les genres musicaux que l’on peut rassembler sous les étiquettes de hard rock, heavy metal ou metal sont restées marginales jusqu’au début des années 2000 dans l’espace francophone, constate le sociologue Gérôme Guibert, maître de conférences à l'Université Paris III, chercheur associé au Granem et responsable du comité scientifique du colloque. Aujourd’hui, si l’effectif des chercheurs impliqué reste peu élevé, les travaux deviennent quantitativement significatifs et investissent la plupart des domaines des sciences sociales ».

Le colloque a interrogé la place de la production scientifique francophone dans le concert international des études sur la musique metal, dominées par les pays anglo-saxons et germaniques. Il a aussi donné lieu à des communications sur les liens entre heavy metal et jeux vidéo, par exemple, le rôle des pratiques amateurs, les liens avec le public, la place des femmes... « On commence à assez bien cerner la culture, les symboles et les modes de vie de la "communauté" metal, mais il y a encore assez peu de travaux sur le production, la façon dont elle est organisée, l'économie du metal, note Gérôme Guibert. Il y a des pistes pour des gens qui voudraient faire des thèses ».

Les deux jours ont aussi permis, tout simplement, des rencontres entre chercheurs, base essentielle pour structurer un réseau.

Le contexte

Le colloque a été organisé dans le cadre du projet Valeur(s) et utilité de la culture, financé par le conseil régional des Pays de la Loire. Labellisé par la MSH Ange-Guépin, et coordonné par le Granem, il associe une cinquantaine de chercheurs en économie, gestion, géographie, arts plastiques, architecture, scénographie, urbanisme... répartis sur Nantes et Angers autour de la question de la définition, de la construction et de l’évaluation de la valeur des activités culturelles pour un territoire. Le programme a été lancé en 2011 et entame sa dernière année. Il fait « travailler ensemble des équipes de recherches et des acteurs professionnels », précise son responsable, Dominique Sagot-Duvauroux, professeur d'économie à l'UA. Quatre axes de recherches sont développés. Le premier, transversal, intitulé « Valeurs et évaluation », a donné lieu en mars 2012 à une première journée d'étude sur le metal, et en particulier les « valeurs » (économique, artistique, sociale, religieuse...) qui gravitent autour du Hellfest, le festival de musiques extrêmes organisé depuis 2006 à Clisson (44).

La recherche de l'UA

Le public, au festival Hellfest 2010
Au cours du colloque de décembre dernier, Christophe Guibert, maître de conférences en sociologie à l'Esthua, membre du laboratoire ESO-Angers, a dressé un portrait des « filles au Hellfest », découlant d'une étude plus globale menée en 2011 auprès de 8700 festivaliers, « afin notamment d'identifier leurs propriétés sociales et les modalités d'engagement dans l'univers de la musique metal ». Premier constat : seules 17,5 % des réponses au questionnaire mis en ligne émanaient de femmes, confirmant la prédominance masculine qui règne dans le milieu, sur scène et dans le public. Si aucune différence sociale significative n'a été notée par rapport aux garçons (avec un niveau d'études relativement élevée dans les deux cas), des nuances ont été relevées. Le public féminin est en moyenne plus jeune (24-25 ans), et adepte d'une musique plus mélodique (gothic metal). « La surprise de l'étude, indique Christophe Guibert, c'est que les filles ont souvent découvert le metal dans la sphère familiale (auprès des parents, des frères ou sœurs), tandis que les garçons s'initient davantage auprès de leurs camarades d'école ».

Le chercheur estime aussi que « les identifications sexuelles semblent renforcées » dans la sphère du metal. À « l'hyper-masculinisation » répond une « hyper-sexualisation des corps des femmes, notamment à travers des accessoires, ou leur absence ».

Une nouvelle enquête sur le public du Hellfest a été lancée à la fin de l'année 2014 par Christophe Guibert. Et a suscité l'engouement des festivaliers. Mis en ligne le 28 décembre, le questionnaire a reçu plus de 300 réponses en 40 minutes, avant que le serveur informatique ne soit saturé. Il est de nouveau possible d'y répondre. L'étude est réservée aux festivaliers ayant déjà pris part à au moins une édition.

 Retrouver le programme complet du colloque

Contact :
francemetalstudies @ gmail.com