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Colloque "Horticulture et sciences de la vie au 18e et 19e siècles" - Université Angers

Colloque "Horticulture et sciences de la vie au 18e et 19e siècles"

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Scientifiques et horticulteurs : dialogue ininterrompu depuis le 19e siècle

Affiche du colloque

Voilà maintenant deux siècles que les horticulteurs et les scientifiques du végétal échangent leurs savoirs. Lors du colloque « Horticulture et sciences de la vie au 18e et 19e siècles – Construction d'un espace épistémologique » du 17 mars, historiens et historiens des sciences se sont penchés sur l'origine des rapports entre la communauté scientifique et les professionnels du végétal. Organisé par le CERHIO-Angers en partenariat avec le Centre François Viète d'épistémologie et d'histoire des sciences et des techniques de l'Université de Nantes, ce colloque a rassemblé près de 80 participants.

Horticulteurs et chercheurs complémentaires

Les horticulteurs ont toujours été attentifs à la science car leur coeur de métier est fondé sur la connaissance du développement des plantes. Très tôt, l'horticulture a manifesté un fort besoin d'innovation, tant pour obtenir de nouvelles variétés de plantes que pour maîtriser les processus physiologiques de croissance, fleurissement, fructification, etc. De même, la communauté scientifique a pris en compte l'expérience et la connaissance empirique des horticulteurs. Les savoirs construits de part et d'autre en botanique et pysiologie ont ainsi permis à l'horticulture et aux sciences du végétal de se développer. Pour mieux comprendre l'« innovation végétale » aujourd'hui, les historiens du colloque se sont intéressés à l'articulation des domaines scientifiques et horticoles dans le temps. Complexe, cette relation trouve sa base au 19e siècle, au moment où la frontière entre ces deux domaines n'est pas étanche.

André Leroy, pépiniériste et scientifique

À la fois horticulteurs et scientifiques, les « personnes intermédiaires » ont joué un rôle clé au 19e siècle. Un exemple parmi les grands noms de l'horticulture du 19e siècle : André Leroy, qui a donné son nom à une place du centre-ville d’Angers. Au départ modeste pépiniériste angevin, il suivit une formation au Muséum d'histoire naturelle à Paris. Ses connaissances lui permirent ensuite d'accroître sa production de plantes et donc la taille de sa pépinière (passée de 1,5 à 16 hectares). Ce pépiniériste formé aux méthodes scientifiques a aussi publié un dictionnaire de pomologie (branche de l'arboriculture spécialisée dans l'étude, la description et la classification des fruits) en 9 volumes. Si, en raison de la complexité des sciences, il est moins fréquent de rencontrer de tels personnages à la frontière entre science et culture horticole, des organismes de recherche finalisée ou des plateformes d'innovation jouent désormais ce rôle intermédiaire.

La collecte de plantes : un pont entre science et horticulture

Pratique courante au 19e siècle, des collecteurs de plantes ramenaient de nouvelles espèces, étudiées puis cultivées dans les jardins bontaniques. Les horticulteurs, toujours à la recherche de nouveautés, ont ainsi introduit de nombreuses espèces et variétés dans leurs catalogues. Valéry Malécot, chercheur angevin à Agrocampus Ouest -INHP recherche les traces de classifications de plantes en remontant jusqu'au 18e-19e siècles. Il étudie notamment les herbiers, résultats du travail des collecteurs, et confronte les résultats de ces investigations à des tests de biologie moléculaire. De cette façon, il peut savoir si les espèces actuelles sont les mêmes que celles décrites dans le passé. Ces documents historiques représentent à ce titre des sources importantes de l'histoire du végétal et aident à mieux comprendre l'innovation horticole actuelle.

Thérèse Rosset

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Colloque et Congrès

Le colloque « Horticulture et sciences de la vie au 18e et 19e siècles » a précédé le Congrès de la Société d'Histoire et d'Épistémologie des Sciences de la Vie du vendredi 18 mars. Cette manifestation annuelle, accueillie pour la première fois à Angers, est un lieu de discussion entre personnes intéressées par l'histoire des sciences de la vie. La diversité des thèmes abordés lors de cette session : naissance du gène moderne, paléontologie, études des espèces, etc., témoignent de l'éclectisme de cette communauté.