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Cetorein - Université Angers

Étoiles montantes

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Le cancer du rein mis à la diète

Une image de rein

Professeur en urologie, Pierre Bigot lance un programme de recherche visant à étudier l’impact du régime cétogène (très pauvre en sucres, riche en graisses) sur les tumeurs rénales. Son projet a reçu le soutien de la Région et devrait lui permettre de postuler à la prestigieuse bourse européenne ERC.

Le cancer du rein touche 13 000 personnes chaque année en France, des hommes dans deux cas sur trois. « C’est une maladie de plus en plus fréquente, avec 2% de diagnostics en plus chaque année dans le monde, indique Pierre Bigot, professeur des universités et praticien hospitalier, chef du service Urologie du CHU d’Angers. On ne sait pas bien expliquer cette augmentation, si elle est due au vieillissement de la population, à des facteurs environnementaux ou autres ».

Ancien pensionnaire du National Cancer Institute à Washington, Pierre Bigot s’est spécialisé dans le traitement du cancer du rein, qui laissait peu d’espoir de survie il y a une dizaine d’années. Avec un confrère radiologue, Antoine Bouvier, il a mis au point en 2015 une technique chirurgicale d’ablation partielle (néphrectomie), qui permet de retirer la tumeur tout en conservant un afflux sanguin dans le rein lors de l’opération, et donc préserve les fonctions de l’organe.

Au sein du laboratoire Mitovasc, Pierre Bigot tente aussi de comprendre les mécanismes d’action et de traitement de ces cancers. Dans le cadre d’un nouveau programme de recherche baptisé « Cétorein », il s’intéresse plus particulièrement au régime cétogène, régime alimentaire pauvre en glucides et riche en lipides, déjà préconisé dans certains cas d'épilepsie.

Double effet du régime cétogène

Pierre Bigot
« Les cellules tumorales sont très avides de sucres, explique le chercheur de 39 ans, formé à l’UA. L’idée est de les priver de sucres, les cellules saines pouvant transformer la graisse en énergie, ce que ne savent pas faire les cellules tumorales ».

Les premiers essais montrent que ce régime a pour conséquence l’arrêt de la croissance de la tumeur. Le projet Cétorein vise à confirmer de manière théorique l’action métabolique et les bénéfices dans le temps.

Il se focalisera également sur un deuxième avantage suspecté : « Ce régime semble modifier l’immunité et pourrait favoriser l’efficacité des traitements anticancéreux que l’on utilise actuellement ».

Deux ans de recherche

Le projet de Pierre Bigot est l’un des lauréats 2018 de l’appel à projets régional Étoiles montantes, destiné à faire émerger de jeunes chercheurs. Il bénéficiera d’un soutien de la Région ces deux prochaines années, à hauteur de 105 000 euros. Une partie de la somme sera consacrée au recrutement d’un·e ingénieur·e de recherche. 

Les travaux menés dans le cadre de Cétorein ne sont qu’une étape. Ils serviront de base au dépôt d’une candidature à la prestigieuse bourse ERC, allouée par l’European Research Council, sur le thème plus large du métabolisme des tumeurs urologiques.

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Un tremplin vers l’Europe

Lancé en 2017 par le Conseil régional des Pays de la Loire, l’appel à projets Étoiles montantes a pour but de favoriser l’émergence de futurs leaders scientifiques européens, en créant un effet de levier. Il soutient, à hauteur de 110 000 euros en moyenne, de jeunes chercheur·e·s à fort potentiel, qui ont l’intention de candidater à la bourse allouée par l’European research concil (ERC).

En 2018, trois membres de l’UA, l’urologue Pierre Bigot, la juriste Alina Miron et l’océanographe Meryem Mojtahid figurent parmi les lauréats.

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