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Biodiversité - Université Angers

Biodiversité

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Améliorer la gestion des aires protégées

Deux éléphants dans le parc national de Hwange

Comment mieux faire concilier conservation de la biodiversité et activités humaines ? Deux nouveaux programmes de recherche, portés par l’Université d'Angers et le LETG-Angers, s’intéressent aux dynamiques à l’œuvre autour des aires protégées.

Près de 15 % des continents et 12 % des océans font aujourd’hui l’objet d’une mesure de protection. Parcs nationaux, réserves terrestres ou marines… ces « aires protégées » ont toutes pour but la conservation d’une biodiversité, d’un écosystème ou d'un patrimoine. Juridiquement reconnus et gérés, ces espaces partagent un autre point commun : ils ne se trouvent pas sur la Lune, mais sur Terre, au milieu des hommes.

« Une aire protégée a une dynamique forcément liée à sa zone périphérique. Une zone de plus en plus altérée par les activités humaines, constate l’écologue Pierre-Cyril Renaud, maître de conférences à l’UA, spécialiste de gestion de la biodiversité et des aires protégées. Aujourd’hui, on ne peut plus raisonner sans prendre en compte les dynamiques autour. Par exemple, quand un éléphant sort d’une réserve et qu’il est abattu, il y a deux questions à se poser : pourquoi est-il sorti ? Mais aussi, pourquoi le fait qu’il piétine des cultures est-il ressenti de manière aussi violente ? »

S’intéresser non plus aux seuls écosystèmes, mais aux socio-écosystèmes est novateur en matière de gestion de la biodiversité dans les aires protégées. « Cela implique de décloisonner la recherche en écologie, de faire appel à d’autres sciences, comme l’économie, la sociologie, l’agronomie, etc., pour tenir compte du contexte local, les enjeux nationaux et internationaux », commente Olivier Pays-Volard, maître de conférences à l’UA en écologie animale.

Au Zimbabwe et au Brésil

L'élevage est important dans l'Etat brésilien du Mato Grosso do Sul
Les deux chercheurs du LETG-Angers sont aux commandes de deux nouveaux programmes sur cette thématique, lancés en janvier 2017. Le premier, baptisé Casest, vise à structurer un consortium autour de la problématique des « Contraintes anthropiques dans les socio-écosystèmes de savanes tropicales ». Le réseau sera à la fois régional (avec des membres du LETG, d’ESO, d’Agrocampus Ouest, de l’ESA, en partenariat avec la MSH Ange-Guépin), national (avec l'Université de Lyon, le Cirad, le réseau national des zones ateliers…) et international. Dix-sept chercheurs étrangers issus d’une dizaine de pays (Australie, Afrique du Sud, Royaume-Uni…) seront associés, ainsi que les plates-formes d’observations et d'expérimentations sur le long terme (LTER) qui travaillent sur deux parcs nationaux : celui de Hwange au Zimbabwe et celui de Serra da Bodoquena au Brésil.

Le programme Casest, d’une durée de 3 ans, s’est vu attribuer 298 000 euros par la Région des Pays de la Loire, au titre des projets de stratégie internationale. Cette somme permettra notamment de recruter de jeunes chercheurs (deux post-doctorants), d’animer le réseau naissant et de faire avancer la réflexion sur le fonctionnement des deux aires protégées, brésilienne et zimbabwéenne. « Nous souhaitons établir le schéma conceptuel de ces deux zones, identifier les enjeux à l’interface entre l’aire protégée et sa périphérie, et commencer à travailler sur des évolutions de gouvernance, détaille Pierre-Cyril Renaud. Cette zone tampon est celle où les conflits sont les plus vifs. Il nous faut réfléchir à des politiques de gestion équilibrée, qui tiennent à la fois compte des besoins de la biodiversité et des aspirations humaines ».

Savanes tropicales

Les chercheurs ont choisi de se focaliser sur les zones intertropicales, car « ce sont celles parmi les plus exposées, constate Olivier Pays-Volard. Les enjeux économiques y sont forts (agriculture, tourisme…), la gouvernance souvent défaillante, et les pertes de biodiversité importantes ». Mais les enseignements tirés de leurs études seront plus larges, et pourront nourrir la réflexion sur la gestion des aires protégées, quelle que soit leur localisation, y compris dans la région.


La réflexion sera alimentée par un cas concret. Un travail de terrain de 4 ans vient de démarrer associant le LETG-Angers et l’Universidade federal de Mato Grosso do Sul, au Brésil. Objectif : « Regarder comment la communauté de mammifères, cochons, tapirs et autres cervidés, répond à la fragmentation de son habitat, explique Olivier Pays-Volard. Et cette fragmentation sera étudiée depuis l’aire protégée de la  Serra da Bodoquena jusqu’aux zones agricoles qui l’entourent. L’idée est la même : comment met-on en place une politique de coexistence la plus harmonieuse possible ».

Le 23 janvier 2017, les chercheurs angevins ont accueilli trois de leurs homologues brésiliens à la Faculté des sciences, ainsi que des collègues du Muséum national d’histoire naturelle et de l’Université de Rennes, pour un premier atelier de travail dans le cadre de ce programme intitulé « Fragmentation et fonctionnement d’un écosystème de savane », financé par un accord de coopération franco-brésilien (Capes-Cofecub), à hauteur de 300 000 euros.

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Le LETG-Angers en pointe

L’unité mixte de recherche LETG (Littoral, Environnement, Télédétection, Géomatique) regroupe six équipes de l’Ouest de la France, basées à Nantes, Rennes, Caen, Angers… Elles travaillent autour de sept grandes thématiques communes.

Le LETG-Angers a été chargé d’animer l’une d’entre elles, à savoir la fiche thématique « Gestion de la biodiversité ».

« La biodiversité était jusqu’ici un sujet étudié par le LETG, mais de manière saupoudrée, constate Pierre-Cyril Renaud. Dans le nouveau contrat quinquennal de recherche, cela devient un véritable sujet d’étude au sein du LETG ».