Aller au contenuAller au menuAller à la rechercheAller à la page d'actualités

Bilan HerbenLoire - Université Angers

Recensement régional des herbiers

  • Partager la page sur les réseaux sociaux
  • Envoyer cette page par mail

    Envoyer par mail


    Séparés par des virgules
  • Imprimer cette page
  • Commenter cette page

HerbenLoire : 580 collections recensées

Détail d'un herbier

Lancé en octobre 2015, le projet HerbenLoire, porté par l’Université d’Angers, touche à sa fin. Il a permis de recenser de nombreux herbiers dans la région des Pays de la Loire, anciens ou récents. Une matière première prometteuse pour les historiens et les botanistes, comme le confirment Cristiana Oghina-Pavie, enseignante-chercheuse spécialiste de l’histoire du végétal, et Samantha Bazan, chargée de mission HerbenLoire.

HerbenLoire prend fin en juin 2017. Quel premier bilan tirez-vous de ce programme ?

Samantha Bazan : Nous avons trouvé plus de choses que nous pensions : près de 580 collections contre 200 attendues lors de la définition du programme. Avec une grosse diversité : des herbiers, mais aussi des collections de bois, de graines, de champignons, de mousses… Plus de la moitié se trouvait dans les quatre muséums de la région. Nous en avons aussi recensées dans des institutions comme l’UCO (avec plus de 70 collections), à Agrocampus Ouest ou à la bibliothèque universitaire de Nantes (une dizaine). Des mairies, des lycées, des collèges, des associations ont également répondu à l’appel, ainsi que des structures privées. Nous avons par exemple trouvé de très belles choses chez le semencier Vilmorin. Il faut y ajouter près de 70 particuliers qui nous ont présenté les herbiers qu’ils avaient constitués eux-mêmes ou hérités de leurs ancêtres, le plus vieux remontant aux années 1750 !

Et à l’Université d’Angers ?

SB : À la Faculté des sciences, nous avons mis la main sur un herbier constitué par des enseignants dans les années 1970-80, à des fins pédagogiques. De même, nous avons trouvé un herbier ancien à la Faculté de pharmacie, datant de 1809. Il est de Toussaint Bastard, un chirurgien et botaniste réputé. Dans un courrier de sa main qui accompagne l’herbier, il explique qu’il l’a constitué pour les étudiants, il détaille comment il utilise telle ou telle plante… Le Jardin des plantes de Nantes possédait un exemplaire identique, mais ne connaissait pas l’auteur. Par comparaison, nous avons pu l’attribuer à Toussaint Bastard.

Cristiana Oghina-Pavie : La diversité des détenteurs illustre bien l'intérêt de différents domaines pour les herbiers : le monde scientifique, horticole, l’éducation, mais aussi tout ce qui relève du loisir. On pense souvent que les herbiers sont liés à la botanique institutionnelle, celle des muséums, mais il y a aussi celui du passionné, de l’enfant qui collectionne des fleurs.

Géographiquement, comment se répartissent les collections ?

SB : Nous avons trouvé beaucoup de choses dans le Maine-et-Loire, mais je pense que cela est lié à notre position, le cœur du programme étant à Angers. C’est également très riche en Sarthe et en Vendée, où se trouve l’un de nos partenaires, le Centre Beautour. Nous avons eu moins de contacts en Mayenne. Je pensais aussi que nous trouverions plus d’herbiers dans des institutions religieuses, des châteaux…  Je suis persuadée qu’il reste encore des choses à découvrir derrière ces portes.

Après cette phase de collectes d’informations, s’ouvre une période d’analyses…

SB : Oui, puisque le projet sert de base à une recherche historique sur les botanistes de la région et à une étude scientifique sur la répartition des espèces depuis le XIXe siècle. Pour cette dernière, le conservatoire botanique nous a demandé de regarder plus spécialement 13 espèces. Nous avons recueilli beaucoup d’informations sur ces espèces dont certaines sont aujourd’hui très rares dans la nature alors que nous les avons retrouvées dans beaucoup d’herbiers. Cela va donner des indications aux scientifiques qui devraient leur permettre de reconstruire les répartitions de ces espèces et leur évolution dans le temps.

COP : En ce qui concerne les botanistes, quelques étudiants ont commencé à travailler sur le sujet, mais la véritable recherche reste à faire. Quel a été le poids de la botanique dans l’éducation ? Comment se constituent, s’organisent les réseaux botanistes ? Quel rapport entre la botanique et l’émergence de la protection de l’environnement ? Beaucoup de questions restent à creuser. Je pense qu’il y a matière à thèses sur ces différents sujets.

Autour ce projet, s’est aussi construit un réseau humain de personnes compétentes que j’aimerais voir fructifier dans l’avenir. Il y a un potentiel de recherche extrêmement intéressant selon moi. Il y a matière à monter de nouveaux projets, à valoriser, à sensibiliser à la connaissance de la nature…

 

Retrouvez plus d'informations sur HerbenLoire sur http://herbenloire.univ-angers.fr

*
*
*

Découvrir les herbiers

Toutes les collections recensées dans le cadre du projet HerbenLoire ont été versées dans la base de données du réseau des botanistes francophones, Tela Botanica. Elle est disponible en ligne. On y trouve des informations sur le contenu des herbiers, sur leur auteur, leur lieu de conservation, un contact pour le consulter… Certains sont agrémentés de photos, voire entièrement numérisés.

Exposition

HerbenLoire a également donné naissance à une exposition itinérante mettant en valeur les herbiers de la région. Elle sera inaugurée le 7 juillet 2017, au Centre Beautour de La Roche-sur-Yon, et y sera visible jusqu’en décembre, avant d’être accueillie au muséum d’Angers à compter de janvier 2018. Nantes et Le Mans suivront.

Dynamique collective

Depuis les années 2000, une dynamique s’est créée autour des herbiers. Conférences, réflexions scientifiques et engouement du public ont conduit au lancement en 2013 du programme eReColNat (Recensement et numérisation des collections naturalistes), à l’échelle nationale. HerbEnLoire s’inscrit dans cette dynamique.

Le projet, porté par l’Université d’Angers, a réuni le Conservatoire botanique national
de Brest, Tela Botanica, les muséums d’histoire naturelle de Nantes, Angers, Le Mans et Laval, le centre régional de la biodiversité de Beautour, Agrocampus Ouest et la Société d’études scientifiques de l’Anjou.

Il a été principalement financé par la Région des Pays de la Loire, avec le soutien de la Direction régionale des affaires culturelles et du programme eReColNat.

Quelques graines conservées dans les collections du muséeum des sciences naturelles d'Angers