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Séparés par des virgules

Sur les traces de l’exil

L’exposition éphémère « Adolescents venus d’Afrique : parcours d’exil » a été présentée à la Maison de la recherche le 26 juin. Elle est le fruit du travail d’accompagnement de Mineurs non accompagnés mené par des étudiantes du master 2 Psychologie du traumatisme.

« Violence », « Terror », « Drogue », « Solitude »… Ces mots sont ceux laissés par de jeunes Africains. Ils résument une partie de ce qui a marqué leur dur voyage depuis leur pays d’origine jusqu’à la France.

« Nous savons que les Mineurs non accompagnés vivent un traumatisme durant leur parcours d’exil, et peuvent présenter des symptômes post-traumatiques, indique Aubeline Vinay, professeure de psychologie clinique du lien social à l’UA. Mais il n’existait pas de prise en charge spécifique pour cela et le suivi individuel ne fonctionne pas ». D’où l’idée de créer un dispositif adapté.

Aubeline Vinay et deux jeunes accompagnés ont guidé les visiteurs
Aubeline Vinay et deux jeunes accompagnés ont guidé les visiteurs
Le programme est le fruit d’une collaboration entre l’association de l’Abri de la Providence (qui accueille 24 mineurs sur son site angevin), le Département de Maine-et-Loire et l’équipe de recherche BePsyLab, dirigée par Aubeline Vinay. Il a pris la forme d’ateliers animés par neuf volontaires, étudiantes à l'UA en master 2 Psychologie du traumatisme, parcours et contextes cliniques. À compter de septembre 2018, une douzaine de jeunes migrants se sont réunis toutes les deux semaines, durant 2 heures, pour échanger, partager et créer autour de leur expérience. Par la peinture, la musique, la danse, les participants étaient progressivement invités à s’exprimer. « L’objectif était qu’ils puissent raconter leur histoire, y compris ce qui avait pu les traumatiser », précise Aubeline Vinay, responsable du master.

« Merci »

Les différentes productions artistiques réalisées ont donné naissance à une exposition éphémère dévoilée le 26 juin 2019. Le public était invité à déambuler dans les couloirs et les salles au rez-de-chaussée de la Maison de la recherche Germaine-Tillion.

Au point de départ : un dessin représentant le Mali, le drapeau de la Guinée, une maquette de maison traditionnelle somalienne. Puis le voyage, symbolique, en suivant les pas coloriés au sol, jusqu’à la France et sa façon de vivre, ses codes culturels différents.

Une première étape proposait aux visiteurs de se plonger dans la culture d’origine, « celle de la langue maternelle […] qui rassure et cajole, construit et sécurise », comme l'indiquait un panneau à l’entrée de la pièce. Un peu plus loin, la chambre noire et ses souvenirs qui hantent encore, et la salle des émotions.

Pour Fayssal et Kandé, deux des douze jeunes qui ont participé au projet, cette exposition était aussi une façon de dire « merci. Merci à la France ». Grâce à ces ateliers, « on a appris des choses sur nous ».

 

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À savoir

L’action a été soutenue par la Structure fédérative de recherche Confluences et par le programme de recherche EnJeu[x], Enfance et Jeunesse, mais aussi par le Collectif universitaire angevin de solidarité avec les réfugiés et les demandeurs d’asile ainsi que par l’association étudiante de psychologie le Fil d’Ariane.

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