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Jardins de Matho - Université Angers

Licence professionnelle Aménagements paysagers

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Des jardins sur le toit du monde

L'escalier réaménagé par les étudiants de l'UA

Quatre étudiants de l'Université d'Angers sont partis au cœur de l'Himalaya indien, réaliser les aménagements paysagers du monastère bouddhiste de Matho, à plus de 3600 m d'altitude.

Fondé en 1410 par un ordre du bouddhisme tibétain, le monastère de Matho est perché à l'extrême nord de l'Inde, au sommet d'une colline de l'Himalaya indien. Connu pour son festival annuel des oracles et de danses sacrées, il abrite une incroyable collection d'objets religieux emblématiques du patrimoine de la région du Ladakh, notamment des peintures sur tissu et statuettes en bronze. À la demande des moines, une jeune spécialiste de l'art himalayen, la Française Nelly Rieuf, a entrepris en 2011 la restauration de ce trésor culturel, bientôt mis en valeur dans un musée construit dans l'enceinte du monastère.

Deux mois d'aventure

Le monastère de Matho est située dans la région du Ladakh, surnomée "le Petit Tibet"
Par l'intermédiaire de Franck Jault, intervenant à l'UA, quatre étudiants de la licence professionnelle Aménagements paysagers se sont portés volontaires pour apporter leur pierre à l'édifice. Les trois premiers, Agathe Louveau, Vianney Brumelot et Loris Dubois, se sont envolés le 14 juillet, pour un séjour de huit semaines. Ils y ont rejoint une équipe de cinq jeunes de l'ESA, également formés aux aménagements paysagers. Le quatrième étudiant, Grégoire Robinet a passé les mois de septembre et d'octobre à Matho.

« C'était la première fois que des paysagistes intervenaient dans ce projet », explique Agathe Louveau. Les étudiants angevins ont commencé par concevoir l’aménagement intérieur du monastère et ses abords, sur leurs ordinateurs portables, « quand on pouvait les recharger car il n'y avait pas toujours l'électricité ». Leur pouvoir imaginatif a dû composer avec les impératifs locaux. « Il y avait énormément de contraintes. Il fallait faire avec ce que nous pouvions trouver, en matériaux ou en végétaux. Il fallait aussi respecter les lieux et les demandes des moines ».

« Tout à la main »

Après plus de trois semaines de préparation, les étudiants se sont lancés dans le chantier à proprement parlé. Un travail physique. « Il n'y avait pas de brouette, pas de matériel. On a tout fait à la main », sous une température caniculaire (plus de 30°C).

Trois espaces ont été aménagés. Pour la cour centrale, les étudiants ont opté pour des jardinières et pots végétalisés, peints aux couleurs du monastère, qu'ils sont allés chercher chez l'unique fabricant de la région, dans la capitale du Ladakh, à Leh, distant de 25 km de Matho. « On a fait le choix de pots qui puissent être déplacés, car il y a énormément de personnes pour les festivités en mars, et il faut pouvoir faire de la place ».

Une eau si précieuse

Les étudiants ont repensé l'aménagement de l'escalier d'accès au monastère
Des jardinières ont également été installées sur une terrasse contiguë au nouveau musée. Enfin, les étudiants ont embelli l'escalier d'accès au monastère, en réalisant sur le côté, grâce à des murets de pierre, des micro-terrasses végétalisées. « Ce qui a été très difficile, c'est que l'eau est très rare et précieuse dans cette région ». Un attention particulière a été apportée au choix des végétaux. « Nous avons visité des jardins dans les alentours, nous sommes partis randonner pour mieux connaître les essences locales, et choisir des plantes capables de résister à leurs conditions extrêmes, avec de la neige et des températures très basses l'hiver, et la sécheresse l'été ».

Malgré ces conditions, une nourriture pour le moins frugale, Agathe Louveau et ses camarades de promotion, avouent avoir vécu une aventure exceptionnelle. « C'est un dépaysement total, confie la jeune femme. Le lieu est insolite, la culture complètement différente... Jamais, je crois, je ne revivrais quelque chose comme cela ».


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Coup de pouce

Pour cette expérience à l'étranger, qui s'inscrivait dans le prolongement de leur formation, mais hors cursus, les étudiants de la licence professionnelle Aménagements paysagers ont bénéficié d'une aide de l'Université d'Angers, qui a pris en charge la moitié de leurs billets d'avion.

L'UA accompagne les initiatives étudiantes. Les associations peuvent notamment prétendre à un soutien du Fonds de soutien et de développement des initiatives étudiantes (FSDIE). Plus d'infos

L'info en +

En 2013, le réalisateur Éric Bacos a consacré un documentaire de 52 minutes au Trésor de Matho, et au projet mené par Nelly Rieuf.

Voir le résumé :

" Le Trésor de Matho" from ANANDA PICTURES on Vimeo.