Des étudiants de pharmacie s'initient à l'humanitaire
Cinq étudiants de pharmacie de l'Université d'Angers ont monté un projet humanitaire en Moldavie dans le cadre de l'association Acepa. Leur idée ? Restaurer une salle de classe d'école maternelle dans un petit village moldave.
Une mission d'audit du 2 au 15 août 2010 sur le terrain a permis à 5 étudiants de la filière pharmacie d'apprendre à connaître la Moldavie, un pays dont ils ignoraient totalement la situation sanitaire et sociale. Astrid Ballard, Angèle Bodet, Jonathan Boisramé, Nicolas Pensec et Fanny Rabin sont tombés de haut en arrivant sur place. Les moyens manquent dans ce pays, le plus pauvre d'Europe : pas d'eau courante, matériels datant de l'ère soviétique, forts besoins sanitaires de la population. Grâce à cette expérience, les étudiants ont mis un pied dans le monde humanitaire, dont ils ignoraient tout. Ce premier projet d'envergure modeste, leur a appris à aller à la rencontre d'une autre culture, à monter des dossiers, chercher des voies de financement. Plus tard, ils voudraient mener à bien d'autres missions, purement pharmaceutiques cette fois, plus compliquées à mettre en œuvre.
« Gradinita »
Leur « coup de cœur » en Moldavie ? Le village de Valea Mare, à l'ouest du pays et en particulier sa « gradinita », l'équivalent d'une école maternelle. Cette structure accueille tout au long de l'année des enfants de 3 à 7 ans, répartis dans différentes salles de classe par groupe d'âge. Pendant les vacances d'été, la gradinita sert de centre aéré. À l'intérieur des locaux, les étudiants ont visité une classe de 70 m², complétement laissée à l'abandon. Le sol, le parquet, la tuyauterie et les sanitaires ont été pillés à l'époque du départ des russes. Les 5 angevins ont donc décidé de trouver des fonds afin de rénover cette classe destinée à accueillir des enfants de 5 à 7 ans. À terme, la surface sera divisée en 3 parties : un coin cuisine, un espace de classe et d'éveil et un dortoir où les enfants se reposent à 2 ou 3 par lit.
Course aux subventions
Aidés par un français expatrié, président d'une association locale, Degetel, et la maire de Valea Mare, Galina Varvariuc, un devis a été réalisé par une entreprise locale. Verdict, 8 450 euros pour les travaux de réhabilitation des 70 m². Une fois rentrés en France, la course aux subventions a démarré pour les 5 étudiants de pharmacie. Avec comme date butoir avril 2011, lorsque les artisans moldaves démarreront les travaux. Les apprentis-pharmaciens ont d'abord déposé une candidature pour obtenir la bourse OCP (grossiste répartiteur pharmaceutique) d'un montant de 5 000 euros, sans qu'elle ne soit retenue. Déçue mais loin d'être abattue, l'équipe a monté d'autres dossiers auprès de la mairie d'Angers, le Conseil Général, l'Université d'Angers, via le FSDIE et continue de démarcher des entreprises pharmaceutiques.
Réelle nécessité
Ce projet de rénovation de l'école maternelle répond à un réel besoin des populations locales : seuls 35 % des enfants moldaves de 1 à 7 ans sont scolarisés, contre 77 % en 1990. La scolarisation des enfants du village est devenue une préoccupation de la mairie.
En juillet 2011, les étudiants angevins, accompagnés de 5 nouvelles recrues de 2e année, se rendront à nouveau dans la petite ville de Valea Mare pour participer aux finitions des travaux durant 2 semaines. Aidés de jeunes moldaves, ils auront à cœur de développer l'échange interculturel. Et parce qu'ils sont tous de futurs pharmaciens, les membres de l'équipe étudiante envisagent pour les années suivantes de mener une action de sensibilisation à l'hygiène auprès des enfants de la gradinita et à une initiation à la « bobologie » (égratignures, bleus, etc.). Une belle manière de transmettre leurs savoirs.
Thérèse Rosset
