Aller au contenuAller au menuAller à la rechercheAller à la page d'actualités

Un roman d'Alexandre Seurat - Université Angers

Un roman d'Alexandre Seurat

  • Partager la page sur les réseaux sociaux
  • Envoyer cette page par mail

    Envoyer par mail


    Séparés par des virgules
  • Imprimer cette page
  • Commenter cette page

« La Maladroite » : des maux d'enfants

Alexandre Seurat

Le premier roman d'Alexandre Seurat, enseignant à l'IUT d'Angers-Cholet, sort en librairie le 19 août. Inspiré d'un fait-divers récent (une fillette maltraitée passée entre les mailles du filet de la protection de l'enfance), « La Maladroite » donne la parole à ceux qui auraient pu éviter une issue fatale. Poignant.

C'est l'histoire d'un choc. En juin 2012, Alexandre Seurat, alors enseignant à Créteil, parcourt les journaux sur son smartphone. « Je suis un gros consommateur d'actualités, dont je me sers dans mes cours ». Le trentenaire tombe sur un compte-rendu du procès de « l'affaire Marina », morte sous les coups de ses parents, à l'âge de 8 ans, après presque autant d'années de sévices. Un choc à la tête. « J'ai été complètement saisi par le sujet. Le premier texte que j'ai lu concernait le frère aîné. Son témoignage m'a bouleversé, parce que c'était celui d'un otage, à la fois témoin, victime, complice de la mise en scène finale de ses parents qui ont fait croire à l'enlèvement de leur fille. Mais il ne pouvait rien faire... »

Durant l'été, Alexandre Seurat accumule jusqu’à l’obsession les coupures de presse. Et décide, à son tour, de poser des mots. « C'était une manière de réagir à un choc. J'avais vraiment été heurté ».

Au printemps 2014, Alexandre Seurat envoi son texte aux éditeurs. Il connaît leurs adresses. « J'ai dû rédiger mon premier manuscrit il y a 15 ans, confie le professeur agrégé, auteur d'une thèse de littérature générale et comparée. Je pense que j'ai fait des études de lettres parce que j'avais envie d'écrire ».

« Une interprétation »

Cette fois, les Éditions du Rouergue, lui font confiance, et décident de publier ce premier roman. Car il s'agit bien d'une œuvre de fiction. « Le récit est basé sur une succession de monologues qui sont des interprétations de comment les choses se sont passées. Certaines citations sont directement issues du procès, mais j'ai fusionné des personnages, concentré des événements - les parents ont déménagé beaucoup plus souvent qu'indiqué dans mon livre – j'ai resserré les choses pour que l'intrigue soit plus forte. ».

Dans « La Maladroite », la parole est aux témoins. À côté du frère, une vingtaine d'adultes, simplement désignés (« la grand-mère », « l'institutrice », « l'assistante sociale », « le gendarme ») défilent à la barre pour évoquer celle baptisée Diana, gamine un peu « pathétique », « bizarre ». Une petite fille « maladroite », d'où ses multiples petits bobos. Ils disent leurs doutes, qui s'estompent face à des parents « cordiaux », ce qu'ils ont fait, ce qu'ils n'ont pas fait, ce qu'ils auraient dû faire. « J'aurais voulu appeler quelqu'un, mais je ne savais pas qui, je ne bougeais pas, concède l'institutrice dès les premières pages. Je sais que tout est déjà trop tard pour elle, elle me regarde, et je ne peux rien faire, et je voudrais qu'elle me pardonne ».

Récit pudique

Difficile de rester totalement insensible. La gorge se noue, l’œil se trouble au fil des 120 pages rapidement dévorées. Alexandre Seurat n'en rajoute pas dans le pathos. Les mots sont simples, le style sobre, le récit « pudique », épargnant au lecteur le versant insoutenable de la réalité. « Je ne voulais pas donner un aperçu des violences, mais raconter l'histoire des témoins, de leur impuissance et, du coup, de leur culpabilité. Il n'y a pas de jugement ; même si personnellement, je ressens une indignation. Ce n'est pas un roman engagé sur la maltraitance. Je voulais simplement révéler un processus, cet enchaînement spectaculaire, terrifiant de circonstances qui aboutit à une issue tragique, alors qu'on aurait pu l'éviter ».

Une sortie remarquée

Ce « roman de l'inaction » a bénéficié d'un accueil chaleureux dans la presse spécialisée et auprès des libraires. Un mois avant sa sortie officielle, il en était déjà question sur les ondes de France Inter. « Tous les premiers romans ne reçoivent pas un tel écho », reconnaît humblement Alexandre Seurat, qui a d'autres textes en préparation. « On patine pendant 15 ans, et un jour... C'est une chance », poursuit celui se trouve confronter à un nouveau défi : préparer une doublée rentrée, universitaire et littéraire.
 


 

« La Maladroite », roman choral d'Alexandre Seurat, paraîtra le 19 août 2015
aux Éditions du Rouergue (collection La Brune, 128 pages, 13,80 euros).
N°ISBN : 978 2 8126 0925 1.

Commentaire de albigeoise posté le 25 octobre 2015 à 09:31

j'ai lu ce livre dans la soirée d'hier et je dois reconnaitre que malgré le " sujet : une fillette maltraitée - celui ci est superbement bien écrit, bien documenté .

on s'aperçoit cependant du laisser-aller de certains services qui se laisssent bernés par la gentillesse, l amabilité des parents ......

je dis BRAVO à l'auteur et le conseille a toutes et à tous

Commentaire de GONIN posté le 5 janvier 2016 à 12:46

j'ai lu ce récit d'une traite; quand j'ai refermé le livre, je n'arrivais pas à m'en séparer, partagée entre l'émotion, la pitié et la colère

Loin de tout article journalistique, les paroles font vivre des personnages dont j'aurais pu faire partie, et comment aurais-je réagi devant une telle situation? Il faut se poser la question honnêtement avant de juger.

Bravo et merci à l'auteur pour son authenticité

*
*
*

Bio-express

Originaire de Paris, ancien élève de l’École normale supérieure, agrégé de lettres modernes, Alexandre Seurat, 35 ans, a soutenu en 2010 une thèse de littérature générale et comparée (« Le roman du délire. Hallucinations et délires dans le roman européen [années 1920-1940] ») à l'Université de Paris III-Sorbonne nouvelle.

Il a enseigné durant 4 ans à l'IUT de Paris-Est Créteil, avant de rejoindre l'Université d'Angers en septembre 2013. Il donne des cours d'expression, de communication et de culture générale à l'IUT.

L'ouvrage d'Alexandre Seurat sort le 19 août 2015

Rencontrer

Alexandre Seurat présentera son roman, dans les librairies angevines :
   - chez Richer, le samedi 19 septembre 2015 à partir de 16 h ;
   - chez Contact, le mercredi 30 septembre à partir de 19 h.