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Mauro Vallejo - Université Angers

Mauro Vallejo

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Conférence Freud parlait de: "...ce pays lointain".

La réception de la psychanalyse à Buenos Aires (1910-1970)

Le 19 avril 2011

à 18h, à la Maison des sciences humaines, Amphi Germaine Tillion.
Faculté des Lettres, 5 bis Bd Lavoisier à Angers.

Conférence de Mauro Vallejo (Université de Buenos-Aires)

animée par Annick Ohayon (Université de Paris 8) et Annick Weil-Barais (Université d'Angers)

Entrée libre, Tout public.

 

Résumé

 

Depuis quelques années, on lit et on entend un postulat, dont la vérité semble se confirmer : Buenos Aires est la capitale mondiale de la psychanalyse. Nulle part vous ne trouverez tant de psychanalystes, tant de revues, tant d'intérêt du publique sur le sujet. Nulle part ailleurs on ne voit autant d’hôpitaux publiques dans lesquels tout le monde parle le langage freudien, non plus des milliers d’étudiants de psychologie songeant à devenir un jour enfants de la discipline freudienne. Voilà ce qu’on appelle, sans beaucoup de précision, l’exception argentine.

Tout historien qui parle de la psychanalyse argentine doit faire face à cette difficulté : ce qu’on attend de lui c’est une explication définitive de cette exception.

Le but de la conférence est d’analyser, selon un point de vue historique, la réception de la psychanalyse à Buenos Aires depuis 1910. On verra qu’en cette même année 1910, un médecin chilien parlera pour la première fois de la théorie freudienne devant un public qui ne donnera pas d’indices de s’y intéresser. On verra aussi que Freud, dans un petit écrit trouvé récemment, fera un compte rendu de cette même conférence. Loin de générer un retentissement considérable, cette conférence ne réussira pas à faire entrer réellement la psychanalyse à Buenos Aires.

Il faudra attendre les années 20 pour voir apparaître les premiers textes sur la psychanalyse, écrits par quelques médecins locaux.

Cependant, il convient de  prêter attention à certaines caractéristiques de cette première réception de la pensée freudienne, en tant qu’elle est marquée, dès le début, par certains traits qui ne cesseront jamais de définir la psychanalyse de Buenos Aires.

Il s’agit tout d’abord, d’une réception où la fonction de la médecine n’était point prioritaire. C’est à dire, qu’à la différence de ce qui est arrivé aux État-Unis, par exemple, en Argentine la psychanalyse n’était pas monopolisée par la profession médicale. La première diffusion de la théorie freudienne n’a donc pas été réductible à son appropriation par la médecine.

Ensuite, nous verrons que la forte identité médicale des praticiens Argentins a relégué la psychanalyse au statut de technique médicale parmi d’autres. De même, la théorie freudienne sera combinée sans difficultés avec d’autres cadres doctrinaires, où le paradigme de la dégénérescence était le principal.

Puis, nous analyserons les conséquences de la fondation, en 1942, du siège argentin du mouvement international de psychanalyse (Asociación Psicoanalítica Argentina, APA). Depuis cette événement, on assistera bien sûr à la naissance d’une nouvelle identité professionnelle, mais aussi à plusieurs changements au niveau théorique. 

Enfin, nous verrons que grâce à des processus que se dérouleront, parfois dans l’intérieur du mouvement psychanalytique officiel de l’APA, parfois à côté de cette institution, la théorie et la pratique freudienne seront introduites, à partir 1950 et peut-être comme nulle part ailleurs, dans la vie quotidienne des habitants de Buenos Aires. Nous conclurons en soulignant  le vrai sens de la dite exception argentine: Le paradoxe d’une extraordinaire diffusion de la psychanalyse dans la culture populaire et scientifique, et de l´impossibilité de parler d’ une école argentine de psychanalyse.

Cristiana Pavie
cristiana.pavie @ univ-angers.fr