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Les Mardis de Confluences - Université Angers

Les Mardis de Confluences

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Des filles de parole - Discours et pratiques langagières de descendantes de migrants

Cycle de conférences 2012-2013 : Les saisons des migrations

Le 16 avril 2013

Dans le cadre de son cycle de conférences consacré aux migrations, la SFR Confluences vous invite à assister à la conférence de Patricia LAMBERT, Maître de Conférences en Sciences du langage - CNRS - ENS de Lyon.

Cette conférence sera animée par Dalila Morsly, sociolinguiste et professeure émérite de l’université d’Angers.

Le mardi 16 avril 2013 à 18h
MSH Confluences - Faculté des Lettres
5bis bd Lavoisier, Angers
Entrée libre et gratuite

Son intervention traitera de la problématique du rôle des langues et du langage dans l’expression et la construction identitaires d’adolescentes en contexte post-migratoire.
Dans le champ sociolinguistique, les migrations représentent depuis près de quarante ans des contextes d’observation privilégiés pour des recherches sur les situations plurilingues. En France, une partie de ces travaux a débuté au détour de l’accession à l’indépendance des anciennes colonies. Les recherches sur les pratiques langagières de descendants de migrants originaires de pays du Maghreb se sont ainsi progressivement développées, apportant différents éclairages sur la manière dont des éléments des langues d’origine familiale étaient acquis, mobilisés et investis – pratiquement et symboliquement – au sein de différents réseaux de socialisation langagière. C’est dans la continuité de ces recherches qu'elle situera son propos, en s’efforçant de construire un point de vue critique par rapport à des représentations communément véhiculées dans le débat public sur les migrations, le langage et les langues. La focalisation de représentations sur certaines dimensions de la diversité sociale, linguistique, culturelle et ethnique contribue notamment à l’essentialisation d’une partie des descendants de migrants maghrébins de milieux populaires. Sur le plan langagier, la typification de ces jeunes adultes ou adolescents articule généralement l’usage d’un style de parole spécifique et le refus ou l’incapacité à déployer des conduites langagières formellement, fonctionnellement et socialement adaptées (en français et dans les langues héritées des migrations). Si la mise scène médiatique focalise essentiellement les attentions sur des garçons, cette figure d’altérité radicale se décline également au féminin. Des adolescentes font ainsi l’objet d’évaluations sociales d’autant plus négatives que les attentes normatives à l’égard des filles les voudraient langagièrement plus policées que les garçons.
À partir de données empiriques issues d’un travail ethnographique au long cours, on examinera comment les répertoires communicatifs d’adolescentes régulièrement catégorisées comme « jeunes des quartiers » se construisent, sont mis en oeuvre et socialement évalués, notamment au sein de l’institution scolaire. Elle s’attachera en particulier à montrer comment les significations sociales attribuées à certaines de leurs pratiques jouent localement un rôle non négligeable dans le masquage de l’étendue des répertoires communicatifs et des registres identitaires de ces jeunes filles.

Contact : Pauline BOIVINEAU
pauline.boivineau @ univ-angers.fr