Femmes seules et migration
Le 22 janvier 2013

La SFR Confluences et le Groupe interdisciplinaire d'études sur le genre de l'Université d'Angers (GIGUA) invitent Nasima Moujoud, anthropologue et maîtresse de conférences à l'Université Pierre Mendès France de Grenoble. La conférence, qui sera animé par Amélie Puzenat, MCF en sociologie à l'UCO, portera sur le thème suivant:
"Ce que les femmes parties seules de milieux populaires nous apprennent
sur la migration en France"
"Il faut se réjouir de l’actuelle multiplication des recherches sur genre et migration, dont l’un des mérites, et non le moindre, est de rendre plus visibles toutes sortes de pratiques et de personnes qui, dans leur parcours migratoire, interrogent les visions marquées par la vision patriarcale. Cependant, malgré leurs qualités et leur intérêt, il me semble que le courant dominant dans ces recherches en France, en occultant l’histoire coloniale, et en accordant une place marginale aux sociétés ex-colonisées, manque une partie de leur but. En effet, s’il s’agit de contester la binarité des genres et leur soi-disant naturalité, la focalisation sur le sexe et le présent mondialisé ne permet pas de prendre le recul suffisant pour éclairer la migration des femmes dans le contexte postcolonial français/francophone. Mais quelles sont les particularités de ce contexte et comment les comprendre ?
Pour répondre à cette question, je propose ici une réflexion à partir de la migration des femmes parties seules du Maroc et installées à Paris et dans sa banlieue proche. Originaires de milieux défavorisés, ces femmes ont souvent traversé différents territoires et pratiquent en France des travaux sexués, ethnicisés et peu reconnus. Ce sont des difficultés socio-économiques qui les ont poussées, comme beaucoup d’autres, à partir à l’étranger, avec l’espoir d’un avenir meilleur et celui d’obtenir des droits qui leur permettraient de traverser les frontières et de bénéficier de ressources en France... Leur migration met en évidence la centralité des lois migratoires. Elle ne date pas d’aujourd’hui et ouvre un autre regard sur l’histoire migratoire française. Ce regard permet d’inscrire la migration dans une perspective féministe post-coloniale, qui conduit à sortir des visions culturalistes et binaires." (N. Moujoud)
Le mardi 22 janvier à 18h, à la Faculté des Lettres, langues et sciences humaines,
Maison des sciences humaines, amphi. Germaine Tillion.
Entrée libre et ouverte à tous
Cette conférence s'inscrit dans le cycle 2012-2013 des Mardis de Confluences, consacré à la question des migrations : « Les saisons des migrations ». Ce sont des conférences mensuelles pluridisciplinaires, gratuites et ouvertes à tous les publics, organisées par la SFR Confluences. Elles sont programmées et animées par Chadia Arab, géographe, chargée de recherche au CNRS, UMR ESO-Angers (Espaces et sociétés), et Dalila Morsly, sociolinguiste, professeure émérite de l’université d’Angers.
SFR Confluences
mireille.loirat@univ-angers.fr
