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Témoignages Déportation - Université Angers

Témoignages Déportation

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Un autre regard sur l'histoire de la déportation

Emile Picard et Jacques Chupin

Du 12 au 16 mai 2014, vingt-trois étudiants de l'Université d'Angers, inscrits en Master ou doctorants en Histoire, séjourneront en Allemagne. Objectif : approfondir leurs connaissances sur la Déportation.

La première journée emmènera le groupe, composé de neuf étudiants de Master 1 Histoire des régulations sociales, huit inscrits en 2e année du même master, et six doctorants, à Berlin, au musée-mémorial « Topographie de la terreur », érigé en 2010, là même où la Gestapo et les SS, entre autres, avaient établi leur quartier général.

Accompagné d'Yves Denéchère, professeur d'histoire contemporaine, membre du Cerhio, et de Roger Poitevin, président de l'association des Amis de la fondation pour la mémoire de la Déportation 49, les étudiants angevins se rendront ensuite dans deux anciens camps de concentration : celui de Ravensbrück, réservé aux femmes, et celui de Sachsenhausen. De 1936 à 1945, quelque 200 000 personnes, essentiellement des prisonniers dits « politiques », ont été internés dans ce complexe situé à proximité de Berlin, à Oranienburg. Seule la moitié a survécu. Parmi ceux-ci, Émile Picard et Jacques Chupin.

Émotion

Mardi 15 avril 2014, à la Maison des sciences humaines, les deux hommes, aujourd'hui nonagénaires, ont échangé avec les étudiants. Ils sont revenus sur leur vie avant la déportation, ont raconté leur arrestation, leur pénible transfert jusqu'en Allemagne, leur quotidien à Sachsenhausen, fait de peurs, de privations, et leur délicat retour au pays. Des témoignages poignants, qui ont permis aux jeunes historiens d'affiner le regard qu'ils portent sur cette période.

Ecouter des extraits

Les deux anciens déportés ont longuement échangé avec les étudiants qui préparent un voyage en Allemagne. Voici quelques extraits.

  • Emile Picard, sur le transfert vers l'Allemagne

    Emile Picard, sur le transfert vers l'Allemagne

  • Jacques Chupin, sur le travail au camp

    Jacques Chupin, sur le travail au camp

  • Les deux hommes, sur les évasions et pendaisons

    Les deux hommes, sur les évasions et pendaisons

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Deux vies

Jacques Chupin
Né en 1921 à La Pommeraye (49), Jacques Chupin refuse de partir travailler en Allemagne. Réfractaire au Service du travail obligatoire (STO), le maçon est arrêté à Biarritz, en février 1943, alors qu'il tente de rejoindre l'Espagne. Transféré à Compiègne, puis au camp de Sachsenhausen, il est incorporé dans différents "kommandos" (camps annexes de travail) jusqu'à l'évacuation des prisonniers le 21 avril 1945, face à l'avancée de l'Armée rouge. Malade, il mettra plusieurs mois à regagner son Anjou natale. Et plusieurs décennies à témoigner. En 2002, il signe un récit Face à l'inimaginable, publié par l'AFMD 49.

Emile Picard
Emile Picard, alias « Jean Morel », s'est peu à peu investi dans la résistance normande, au sein des Francs-tireurs et partisans (FTP). Fin 1943, son réseau est infiltré. Il est arrêté à l'âge de 19 ans, torturé, et condamné à mort le 18 avril 1944 pour actes de terrorisme (sabotage de lignes de chemin de fer, attentat contre un cinéma fréquenté par les Allemands...). Un concours de circonstances lui sauve la vie : la Gestapo est bombardée, son dossier s'est évaporé. Après 5 mois à l'isolement, il est transféré à Compiègne, puis vers les camps de Neuengamme et Sachsenhausen, où il survit à la dysenterie et aux travaux forcés. Son parcours a fait l'objet, en 2002, d'une publication signée Hélène Cabrillac, P’tit Jean dans la résistance ou le parcours d’un FTP normand, éditée par l'AFMD 49.