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G20 - analyse par Lionel Escaffre - Université Angers

G20 - analyse par Lionel Escaffre

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G20 de Cannes, l'espoir d'une nouvelle régulation financière


Trois questions à Lionel Escaffre, professeur associé à l'Université d'Angers, directeur de la Chaire Règles et Marchés et Commissaire aux comptes près la Cour d'appel de Paris.

À quelques heures de la table-ronde organisée par la Chaire Règles et Marchés sur le rôle des instances indépendantes dans la régulation financière, Lionel Escaffre analyse les conséquences du G20 tenu les 3 et 4 novembre sur la régulation financière européenne.

La question de la légitimité technique et politique des instances de régulation à l'image des autorités administratives indépendantes (exemple : autorité des marchés financiers-AMF) sera demain au cœur des débats de la table-ronde à la Faculté de droit, d'économie et de gestion.

Un nouvelle régulation financière se dessine-t-elle au lendemain du G20 à Cannes ?

« La décision la plus importante selon moi est l'annonce de la création d'un fonds européen de stabilisation qui permettra aux États de se re-financer lorsque les marchés ne peuvent plus pourvoir à leur dette. En effet, plus les États empruntent, moins il y a de liquidités disponibles. Ce fonds va mutualiser les risques sur les dettes souveraines (étatiques) et ainsi apporter une garantie aux banques qui craignent de prêter aux États par peur de ne pas être remboursés. Je pense que ce fonds va redonner confiance aux marchés et va éviter une trop grande volatilité, et notamment pour les matière premières alimentaires. »

Les dettes colossales de nombreux pays européens ne datent pas d'hier, pourquoi avoir tant attendu avant de prendre des mesures concrètes ?

« La maison brûle en Union européenne depuis la quasi-cessation de paiement de la Grèce. Les États européens ont tous réalisé qu'ils sont liés entre eux et que la solution économique est à rechercher au niveau communautaire. Les pays ont pris conscience de la nécessité d'atteindre un objectif clair : la réduction des dettes publiques étatiques, donc la rigueur. La France comme les autres pays conserve néanmoins le choix des moyens d'action : réduire ses dépenses, les réaffecter, ou augmenter ses recettes, comme par exemple en passant la TVA de 5,5 à 7 %. »

Selon vous, le G20 de Cannes fera-t-il sortir l'UE de la crise financière ?

« Le G20 est porteur d'un avenir seulement si les États font le choix d'harmoniser leurs budgets, de participer au fonds européen de stabilisation financière, de réduire leurs dettes et de lancer des investissements d'avenir dans des prestations à haute valeur ajoutée (niveau de technologies élevées), dans la Recherche et les universités. Il est primordial que les États travaillent leur budget dans le même sens, ce qui selon moi est la suite logique de la création de notre monnaie unique l'euro. »

Table-ronde « le rôle et la contribution des institutions dans la régulation comptable » de 17h à 19h | Faculté de droit, d'économie et de gestion | Amphi LAGON - 3e étage

Propos recueillis par Thérèse Rosset

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