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Concours René-Cassin - Université Angers

Concours René-Cassin

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Des plaideuses 5 étoiles

Le 6 avril, à Strasbourg, l’équipe de l’UA a pris la 2e place du concours René-Cassin, plus ancienne épreuve francophone de plaidoiries sur le droit européen des droits de l'Homme. Primées pour leur travail de mémoire, les trois Angevines se sont inclinées de peu à l'oral face à Saint-Étienne.

Depuis vendredi, les félicitations affluent de toute part. « Ça fait chaud au cœur, avoue Anaëlle Poitral, l’une des trois étudiantes à avoir représenté l’UA lors du 33e concours René-Cassin, avec Julie Lalloué et Salomé Busson-Prin. Quand nous étions à Strasbourg, on ne se rendait pas compte de l’engouement que cela avait suscité à Angers ».

Pour les trois jeunes femmes, toutes inscrites en master Droit international et européen, l’aventure a débuté dès le mois d’octobre. Avec leur coach Thomas Onillon, doctorant et candidat de la précédente édition du « Cassin », elles ont préparé un mémoire en requête défendant les intérêts d’Athena Daiffisel devant la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH).

Dans un état fictif, la Ricardie, Athena Daiffisel a fourni à une journaliste les preuves que son employeur, le ministère de la Défense, procédait à des exécutions extraterritoriales d’opposants. Peu après, la journaliste a tragiquement disparu. Athena Daiffisel a quant à elle été licenciée, puis condamnée à une peine de 30 ans de prison pour haute trahison, et déchue de sa nationalité.

Le cas imaginaire de cette lanceuse d’alerte n’a pas laissé insensible l’équipe angevine. « Il y avait une multiplicité de droit à évoquer, le droit à la liberté d’expression, le droit à un procès équitable, au respect de la vie privée… », détaille Anaëlle. « Et il y a une résonance avec l’actualité qui fait que c’est d’autant plus intéressant », complète Salomé.

Prix du meilleur mémoire

Le trio a déposé son mémoire, comme 51 autres concurrents, le 1er février. Les deux dernières semaines avant la date fatidique « ont été intenses et stimulantes intellectuellement », résume Julie. Pour ne pas dire épuisantes.

Le travail a payé. Les Angevines se sont qualifiées pour les phases orales du concours qui ont mis aux prises 32 universités francophones, du 2 au 6 avril, à Strasbourg, centre des institutions européennes. Le mercredi, au siège du Conseil de l’Europe, elles ont affronté Aix-en-Provence pour leur première demi-finale, et Saint-Étienne le jeudi. Durant ces plaidoiries, chacune a tenu un rôle : Anaëlle et Salomé ont présenté les arguments et fait face aux questions, dont Julie, la conseillère, préparait les réponses. Avec célérité et talent : « On l’a surnommée “le sniper” », rigolent ses amies.

L’équipe est ressortie des deux joutes avec le sentiment du devoir accompli et s’apprêtait à profiter du jeudi soir, lorsque deux nouvelles sont venues contrecarrer les plans initiaux. Premièrement, elles se sont vues remettre le prix du meilleur mémoire. Deuxièmement, elles ont décroché leur place pour la finale du concours disputée le vendredi dans les locaux de la CEDH. « On s’est vite remises à travailler pour gommer les faiblesses qu’on avait pu identifier lors de notre dernière plaidoirie ».

« Un rêve »

En finale, les étudiantes ont retrouvé les trois garçons de Saint-Étienne. Pendant 1h30, les deux équipes ont tenté de convaincre les 22 membres du jury présidé par le journaliste Harry Roselmack. « Il y avait le grand tapis bleu, les étoiles… On s’est senties portées par le lieu », se souvient Salomé.

Après de longues délibérations, le jury composé de personnalités et de juristes de haut rang, dont Jean-Paul Costa, ex-président de la CEDH, a donné la victoire à Saint-Étienne. « Une équipe de grands orateurs », reconnaît Thomas. « Nous aurions aimé gagner, mais nous n’avons aucun regret, aucune rancœur », poursuit Julie.

Les trois étudiantes conserveront à jamais en mémoire de cette semaine. « Plaider à la CEDH, c’est un rêve auquel nous ne pensions pas accéder ». Elles pourront faire profiter de leur expérience le quatuor de l’UA qui prépare actuellement le concours Charles-Rousseau organisé début mai à Angers.

 

En attendant les Rousseauistes

Créé en 1985, le concours de procès simulé Charles-Rousseau est la plus importante compétition francophone de droit international public. Plus de 200 participants, étudiants, doctorants, professeurs, avocats, juges de juridictions internationales sont attendus du 30 avril au 6 mai à la Faculté de droit, d’économie et de gestion. Coachés par Edoardo Stoppioni, Léa Vernerey, Aboubacar Coulibaly, Coralie Beauchard et Léna Kim, qui étudient en master 2 Droit international et européen, défendront les couleurs de l’UA. En savoir plus

 

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« Devant les plus prestigieuses universités »

L’Université d’Angers participe au concours René-Cassin depuis seulement 3 ans. L’exploit d’Anaëlle Poitral, Julie Lalloué et Salomé Busson-Prin est d’autant plus méritant. « Nous sommes super fiers d’elles, réagit Bérangère Taxil, professeure de droit international, coresponsable du master 2 de Droit international et européen. Nous n’espérions pas un tel résultat. C’est rare d’avoir une équipe qui arrive à briller à la fois à l’écrit et à l’oral. Elles ont battu les plus prestigieuses universités françaises, en faisant preuve de qualités rédactionnelles remarquables, d’arguments pertinents, d’éloquence et de réactivité. Cela offre une belle visibilité à notre formation et à toute l’université ».

Avec le soutien de l'UA et du Radie

L’aventure d’Anaëlle Poitral, Julie Lalloué et Salomé Busson-Prin a été rendue possible grâce à des financements du Fonds de solidarité et de développement des initiatives étudiantes (FSDIE) et de la Faculté de droit, d’économie et de gestion. Elles ont également bénéficié du soutien actif et de l’expérience du Réseau angevin de droit international et européen (Radie), fondé en 2013 en appui des étudiants prenant part aux concours de plaidoiries d'envergure internationale.

« Nous pouvons aussi préparer ces épreuves car les enseignants du master, que ce soit Bérangère Taxil, Alina Miron, Yannick Lécuyer ou Félicien Lemaire, laissent de la place dans leur programme à ce type d’initiatives », note Thomas Onillon, candidat en 2017 et coach en 2018 du concours René-Cassin, pour qui ces expériences « constituent un réel complément à la formation académique ».