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Concours René-Cassin - Université Angers

Concours René-Cassin

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Elles vont plaider à Strasbourg

René Cassin

À partir du 30 mars, trois étudiantes de master disputeront à Strasbourg les phases finales du concours René-Cassin, plus ancienne épreuve francophone de plaidoiries sur le droit européen des droits de l'Homme.

Organisé depuis plus de 30 ans, le concours René-Cassin propose à tout-e-s les étudiant-e-s en droit parlant français de plaider sur un cas fictif. Pour cette édition 2016, les équipes volontaires ont dû se pencher sur les bisbilles opposant deux états producteurs de bière. Un différend qui dégénère en un conflit armé émaillé d’exactions, avant de finir à Strasbourg devant la Cour européenne des droits de l'Homme (voir l'intégralité du cas fictif).

Le sujet qui fait appel à diverses notions (état d'urgence, torture, droit à la propriété…) a été dévoilé à l’automne. Les participants ont eu quatre mois pour rédiger un mémoire. Après tirage au sort, ils devaient soit soutenir les intérêts de l’État qui a saisi la Cour (le requérant), soit prouver sa bonne foi (le défendeur). Le 23 février, le jury a retenu pour les phases finales les 30 meilleurs mémoires (15 pour chaque partie), rédigés par des équipes issues d'États membres du Conseil de l’Europe (France, Suisse, Roumanie, Pays-Bas, Slovénie, Russie…). Parmi les sélectionnées : trois étudiantes de l'UA, Laurie Valverdé, inscrite en master 1 Droit international et européen, Apsara Moselle et Nora Girardon, toutes deux en 1re année de master Droit privé.

La coach Anaïs Auger ne doute pas de la victoire de ses protégées, Apsara Moselle, Nora Girardon et Laurie Valverdé
Un investissement conséquent

Pour arriver à ce résultat, les trois jeunes femmes n’ont pas ménagé leur peine. Elles ont multiplié les recherches pour laver de tous soupçons l’État accusé d’avoir enfreint les règles internationales. « On a laissé un peu de côté le concours avant Noël, pour réviser les partiels, et on s’est replongées dedans juste après, résume Nora Girardon qui se destine à une carrière d’avocate. Apsara et moi ne connaissions presque rien en droit international. Il a fallu comprendre le mécanisme, quel droit était impliqué… C’est d’ailleurs l’un des intérêts de participer à un tel concours, car les spécialistes de droit privé connaissent généralement peu le droit européen ».

Condenser le fruit de leurs investigations n’a pas été une mince affaire. « Le mémoire devait faire 30 pages. C’est minuscule. Quand on a fini nos recherches, on était à une centaine de pages. Il a fallu trier, beaucoup, pour cibler les arguments les plus percutants ». « Nous y avons passé nos journées et nos nuits, poursuit Apsara Moselle. On finissait à 8 h du matin et on reprenait à 11 h ».

Les trois jeunes femmes envoient leur travail le 8 février, « à midi, avec 8 heures d’avance sur l’heure limite », souligne fièrement leur coach, Anaïs Auger, ex-participante du concours Charles-Rousseau, qui prépare depuis septembre une thèse sur « les femmes en contentieux international et régional ».

La sélection pour les demi-finales est venue récompenser les efforts du quatuor de l'UA. Le rythme n'a pas baissé pour autant. Depuis leur qualification, elles s’entraînent deux à trois fois par semaine pour rôder leur plaidoirie et contrer les arguments de leurs potentiels adversaires. « On travaille beaucoup sur le fond, en étudiant les mémoires adverses qui ne soutiennent pas tous la même chose », explique Anaïs Auger. « C'est dur, physiquement et mentalement, admet Nora. Et en même temps, on est surexcitées de pouvoir aller plaider dans de telles institutions à Strasbourg ».

Deux rounds de 45 minutes

Les 30 et 31 mars, au siège du Conseil de l’Europe, dans des costumes acquis pour l’occasion, les étudiantes de l'UA affronteront deux équipes requérantes. Elles auront 45 minutes pour présenter leur raisonnement, répliquer à leurs contradicteurs et répondre aux questions du jury. Chacune aura son rôle : Nora et Apsara prendront la parole, Laurie jouera la métronome et conseillère juridique, cherchant la faille chez leurs adversaires, la réponse à un point technique.

La prestation de chaque équipe sera notée et s’additionnera à l'évaluation obtenue pour le mémoire. La finale opposera la meilleure équipe du groupe « requérant » à la meilleure du groupe « défendeur ». Ce sera le 1er avril, à quelques pas du Conseil de l'Europe, dans une des chambres de la Cour européenne des droits de l’Homme. Les Angevines ne doutent pas d’y être. « On va tout faire pour gagner, confirme Laurie. C’est l’objectif ».

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Une première participation

C'est la première fois qu'une équipe de l'Université d'Angers s'engage dans le concours René-Cassin. Cette initiative doit beaucoup à Yannick Lécuyer, maître de conférences HDR à la Faculté de droit, d’économie et de gestion, spécialiste des libertés fondamentales et de la Convention européenne des droits de l’Homme, et membre du jury du concours René-Cassin.

La participation de l'équipe angevine a également été rendue possible grâce à l'appui du Réseau angevin de droit international et européen (Radie), qui soutient également, pour la 3e année consécutive, une équipe de l'UA pour le concours de procès simulé en droit international Charles-Rousseau.