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"L'animal et le pouvoir" - Université Angers

Colloque

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Comment dompter le pouvoir

François Hourmant

Le chien est le meilleur ami de l'homme politique. C'est l'un des enseignements tirés du premier colloque sur « L'animal et le pouvoir », organisé jeudi dernier par le Centre Jean-Bodin.

On dit de Canis lupus familiaris qu'il est loyal, sincère, protecteur, généreux. Autant de qualités qu'Homo politicus souhaite se voir attribuer. « Le chien est utilisé comme miroir et faire-valoir », analyse François Hourmant, maître de conférence HDR en science politique à l'Université d'Angers. Dans un contexte de mise en scène de la vie privée, le chien parachève l'image idéalisé de la famille, aux côtés des enfants et de l'épouse. Le choix de la race n'est pas anodin. Si Jean-Marie Le Pen a opté pour le doberman, d'autres lui préfèrent des chiens véhiculant un message moins agressif. À la fois doux et puissant, noble et populaire, « le labrador est devenu le symbole du pouvoir présidentiel », poursuit le spécialiste de la communication politique. À propos de Baltique, l'un des deux labradors de François Mitterrand, « Lionel Jospin n'hésitait pas à dire qu'il incarnait la force tranquille ». Depuis Pompidou, tous les occupants de l’Élysée en ont eu au moins un (Maskou pour Chirac, Clara pour Sarkozy...). Quelques jours après le colloque, le 26 décembre 2014, un labrador a été offert à François Hollande par la Fédération des anciens combattants français de Montréal.

Aux États-Unis, depuis 1800, tous les occupants de la Maison Blanche, à une exception près, ont eu un animal de compagnie. Un musée leur est désormais consacré. Le chien du président, élevé au rang de first dog of the United States, « reçoit régulièrement du courrier, fait la Une des magazines ». Le fidèle compagnon est de toutes les campagnes. En 2012, le candidat républicain Mitt Romney s'est mis à dos les amis des animaux pour avoir fait voyager, 30 ans plus tôt, son chien sur le toit de sa voiture. Barack Obama a suscité l'effroi lorsqu'il a avoué avoir, dans sa jeunesse, mangé du chien en Indonésie. Celui de Georges W. Bush, un scottish terrier nommé Barney a même été au cœur d'une controverse diplomatique avec le Russe Vladimir Poutine, propriétaire d'un labrador, qui trouvait l'animal américain bien faible en comparaison.

L'animal symbole du pouvoir

Russie, États-Unis, France. Les trois pays sont représentés par des volatiles. Le premier a choisi un aigle bicéphale pour emblème national, le deuxième un pygargue à tête blanche, le troisième un coq. Cela n'a pas toujours été le cas. En 1804, Napoléon devenu empereur avait fait le double choix de l'aigle, symbole de la puissance militaire, et des abeilles, figures « d'une société industrieuse », « nataliste », où chacun « tout en vaquant à sa tâche, est équipé d'une arme et prêt à s'en servir, à mourir sans hésitation pour la défense de la communauté », a rappelé Xavier Martin, professeur émérite d'histoire du droit, autre intervenant du 1er colloque sur « L'animal et le pouvoir », qui a eu lieu le 4 décembre 2014, à la Faculté de droit, d'économie et de gestion.

Durant cette journée, organisée sous la direction de François Hourmant et Sophie Lambert-Wiber, maître de conférences de droit privé, historiens, juristes, géographes et chercheurs en sciences politiques ont apporté leur éclairage sur l'animal comme symbole du pouvoir, mais aussi comme enjeu de celui-ci, auquel il peut être violemment soumis. Joël Hautebert, professeur d'histoire du droit de l'UA, est par ainsi revenu sur le cas des procès intentés contre les animaux au Moyen-Âge. L'émergence du mouvement de protection des animaux au XIXe siècle, les enjeux liés au partage des territoires entre les hommes et les animaux, ou encore les évolutions fiscales et juridiques, ont également été explorées.

 

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