Aller au contenuAller au menuAller à la rechercheAller à la page d'actualités

Déportés pharmacie - Université Angers

Ils étudiaient à la Faculté de pharmacie

  • Partager la page sur les réseaux sociaux
  • Envoyer cette page par mail

    Envoyer par mail


    Séparés par des virgules
  • Imprimer cette page
  • Commenter cette page

UFR Santé : hommage aux étudiants déportés

La plaque commémorative apposée à l'entrée du site Daviers

Une plaque commémorative a été apposée sur le site Daviers de l’UFR Santé, à la mémoire de deux étudiants en pharmacie, Éliane Levy et Lucien Klauber, arrêtés puis déportés à Auschwitz en 1942.

Une centaine de personnes, étudiants, personnels et enseignants de l’Université d’Angers, mais aussi des représentants de la municipalité et des institutions religieuse et militaire, ont pris part à l’hommage rendu le jeudi 11 mai 2017.

C’est un travail de mémoire entrepris par des élèves du lycée David-d’Angers qui a permis de retrouver la trace d'Éliane Levy et Lucien Klauber, morts à 21 ans dans le plus grand camp de concentration et d’extermination de l’Allemagne nazie. « Tous les deux étaient des étudiants brillants, des jeunes gens comme vous, plein de rêves, d’espoirs, d’avenir », a rappelé dans son discours Isabelle Richard, doyen de l’actuel UFR Santé de l’Université d’Angers.

Deux parcours similaires

Éliane Levy était la fille aînée d’un couple de commerçants qui a fui Paris pour venir s’installer à Angers en 1939. Première de sa famille à obtenir le baccalauréat, elle entame des études à la Faculté de pharmacie d'Angers. En juillet 1942, elle attend impatiemment les résultats de ses examens de fin de 3e année. Elle a réussi, mais ne le saura jamais. Six jours avant la publication des notes, le 15 juillet 1942, Éliane est arrêtée lors de la première rafle d’Angers. Avec ses parents, son frère cadet et 820 autres Juifs, elle est déportée par train, dans le « convoi n°8 » reliant directement Angers à Auschwitz. Deux jours après leur arrivée, le 25 juillet, Éliane et sa mère sont assassinées dans une chambre à gaz.

Lucien Klauber, lui aussi, attendait ses résultats. Après avoir validé son baccalauréat en 1939 à Lille, Lucien, son père et son jeune frère se réfugient à Angers en 1940. Le jeune homme s’inscrit à la Faculté de pharmacie. Son parcours universitaire est interrompu par la rafle du 15 juillet 1942. Lui aussi est déporté à Auschwitz. Lucien est sélectionné pour le travail. Il meurt d’épuisement durant l’hiver 1942-1943 (officiellement le 31 octobre 1942).

Émotion de la famille

À côté d'Isabelle Richard et Anne-Sophie Hocquet, Inès Lemartinel et Arthur Piraux ont lu le récit des vies d'Éliane et Lucien
Le récit de ces deux vies brisées a été lu par deux étudiants actuels de l’UFR Santé. Une minute de silence a ensuite été observée à la mémoire des deux victimes.

La cérémonie a profondément touché les représentants de la famille d’Éliane Levy. « C’était très émouvant, confie Sylvie, venue spécialement d’Avignon. Et nous avons appris des choses sur son histoire. Nous savions qu’elle était venue à Angers, qu’elle avait été arrêtée et déportée, mais pas grand-chose d’autre ». « J’ai encore une boule dans la gorge », renchérit Frédérique, une lointaine descendante installée en Bourgogne, surprise par le nombre de personnes venues assister à l'hommage. « Surtout des jeunes ».

« Je remercie les lycéens de David-d’Angers pour ce travail mais aussi leurs enseignants et au-delà l’ensemble du corps enseignant français qui, par son action, transmet, de génération en génération, le souvenir de l’holocauste en racontant les histoires des hommes et des femmes qui en ont été victimes, a souligné Anne-Sophie Hocquet, vice-présidente de l’UA, en charge de l’égalité, des ressources humaines et de la politique sociale. L’histoire d’Éliane et Lucien, tués dans la fleur de l’âge parce qu’ils étaient juifs nous obligent tous ». L'enseignante-chercheuse a insisté sur le rôle de l'université dans cette transmission de la mémoire : « Le service public de l’enseignement supérieur et de la recherche permet aussi aux étudiants que nous accueillons tous les jours de comprendre que l’Histoire, si elle ne se répète pas, doit servir à éviter de réitérer des périodes aussi sombres que celle qu’a connue l’Europe au XXe siècle ».


*
*
*