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Inauguration Galerie Dityvon

Inauguration Galerie Dityvon

Dityvon révélé au grand jour

Chris et Claude Dityvon
La nouvelle galerie Dityvon, du nom de ce photographe français, installée dans les murs de la BU Saint-Serge, a été inaugurée jeudi 19 janvier à 18h. Un « Fonds Dityvon » a été lancé en même temps et se matérialise par une banque d'images en ligne, gérée par la BUA comprenant à ce jour plus de 6 000 tirages. Chris Dityvon contribue à faire connaître l'œuvre colossale du photographe, dont le grand public n'a bien souvent retenu que ses clichés de mai 1968.

De la rencontre entre Olivier Tacheau et Claude Dityvon est d'abord née une exposition « L'homme qui marche » montrée à la Bibliothèque universitaire d'Angers en 2007. Puis l'idée de la création d'un Fonds a émergé. Cette façon de diffuser son travail, assez novatrice en France, a plu à Claude Dityvon. Après son décès le 3 juin 2008, sa femme Chris a décidé de continuer le travail commencé. Depuis, elle scanne à tour de bras : 6700 tirages ont intégré la photothèque et plus de 10 000 tirages de différents formats (18x24 cm, 24x30 cm, 30x40 cm, 40x50 cm) seront bientôt numérisés.

Photographe jusqu'au dernier souffle

Cette quantité extraordinaire d'archives s'explique par l'investissement total de Dityvon en photographie. « Tous les jours et ce pendant plus de 40 ans, il sortait pour se promener, son appareil sur l'épaule », témoigne Chris Dityvon. Jusqu'à ce qu'il tombe malade, il ne s'est jamais arrêté de travailler. Sa dernière série de photos a d'ailleurs été réalisée à l'hôpital. Le foisonnement de l'œuvre de Dityvon s'explique aussi par le fait qu'il a rapidement appris à tirer lui-même ses photographies : il travaillait plusieurs fois par semaine dans son petit laboratoire, proche de son appartement.

Dityvon a commencé sa carrière de photographe très tardivement, et un peu par hasard. Lorsqu'il a rencontré sa femme en 1963, il peignait des appartements et gagnait modestement sa vie. Il était passionné de cinéma et passait beaucoup de temps à la cinémathèque. Sa femme, ayant remarqué sa « culture de l'image », lui a acheté son premier appareil photo et l'a convaincu de s'essayer à la photographie. « Il a tout de suite compris les cadrages, le cinéma était sa source d'inspiration », explique Chris. À chaque tirage correspondait au cadrage repéré dans un film.

« La beauté avant tout »

Dityvon a appris les techniques de photographies tout seul, sur le terrain. Il a commencé par immortaliser les événements de mai 1968, a photographié les habitants des « bidonville » de Paris. Quelques années  seulement après ses débuts, il a obtenu le prix Niépce en 1970, consacrant ainsi son professionnalisme et son talent. « Il affectionnait les sujets de vie quotidienne, en prenant soin de composer ses photos », se remémore Chris Dityvon. Rien n'était laissé au hasard lors de la prise de vue : tous les éléments composant la photo sont visibles intégralement, mis en scène. Il recherchait l'esthétique par dessus tout et veillait à « tirer le meilleur » de ses modèles en recherchant la posture qui les mettrait le plus en valeur, qui les montrerait beau. Il a beaucoup photographié le monde paysan et ouvrier et emmenait parfois sa femme avec lui. Elle posait alors des questions aux photographiés, si bien qu'ils en oubliaient l'appareil-photo.

Dityvon avait pris l'habitude de photographier sa famille une fois par an, dans leur maison de vacances en Bretagne, à la même époque et toujours sur le perron de la porte. Une pratique peu commune dans les années 1970, aujourd'hui devenue fréquente.

Inconnu à ses débuts, Dityvon s'est fait une place dans le monde de la photographie grâce à un style novateur. Il a réalisé plusieurs séries consacrées au cinéma mais en se distinguant des « photographes de plateau ». Plutôt que de photographier des scènes du film, il préférait suivre les cinéastes dans les coulisses pour les prendre en train de travailler. Une série de « portraits de cinéma » sera d'ailleurs visible au Centre des Congrès dans le cadre du Festival premiers plans du 20 au 29 janvier.
Il a été un des premiers à s'intéresser aux dessinateurs de bandes dessinées, comme Tardi ou Bilal. Il a contribué à faire connaître l'atmosphère de travail de ces artistes, dont l'œuvre était peu ou pas reconnue à l'époque. Son goût pour la photographie de nuit s'est imposé au fur et à mesure de sa carrière. « Dityvon avait remarqué que les gens ne font pas attention à la présence de l'appareil photo une fois le jour tombé. Il aimait la nuit car elle révèle les comportements des gens », révèle Chris Dityvon. C'est ainsi qu'il a peu à peu évolué vers la photographie nocturne, apprenant à maîtriser les ouvertures de l'objectif et se servant du jeu de lumières pour révéler une ambiance (séries à Djibouti et Zanzibar).


Ce photographe solitaire et indépendant a osé explorer de nouvelles méthodes de photographie, et a su créer son propre style. Retour aux sources à partir du 19 janvier à la BUA pour découvrir une série de photos réalisée à ses débuts : « Bidonville ».

Thérèse Rosset

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Inauguration et expositions

La galerie Dityvon, à la bibliothèque universitaire Saint-Serge a été inaugurée le jeudi 19 janvier à 18h en présence de Chris Dityvon et de Marin Karmitz, parrain officiel de ce nouvel espace d'exposition.

La série "Bidonville" est visible du 19 janvier au 3 mars. La galerie accueillera deux expositions dans les prochains mois mettant à l'honneur d'autres photographes.

Une série "Portraits de cinéma" sur bâches est exposée au Centre de Congrès pendant le Festival Premiers Plans du 20 au 29 janvier.

Fonds Dityvon

Accédez à plus de 6 000 photographies sur la photothèque en ligne de Claude Dityvon !