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Des étudiants de l’Esthua en mission pour moderniser le musée du Granit

À vingt kilomètres d’Angers, la commune de Bécon-les-Granits abrite depuis 1989 le musée du Granit. Pour redonner vie à ce lieu emblématique, des étudiant∙es de l’Esthua vont apporter leur expertise.


Les étudiants de l'Esthua, ici au musée du Granit, ont remis une vingtaine de propositions à la mairie.
Remontons le temps. Durant l’Antiquité, le granit bleu et résistant des carrières de Bécon-les-Granits est utilisé pour construire une voie romaine jusqu’à Angers (ou Juliomagus à l’époque). Très peu exploité au Moyen Âge, il va connaître un âge d’or au début du XIXe siècle. La commune comporte alors une dizaine de carrières d’extraction et emploie plus de 400 carriers jusqu’au début de la Seconde Guerre mondiale.

Afin de sauvegarder la mémoire de son patrimoine industriel, un musée du Granit est donc construit en 1989. Divisé en quatre salles d’exposition, il retrace les secrets de l’exploitation du granit ; à l’extérieur sont exposées des pièces originales, ainsi que du matériel et des machines d’époque.

Oui mais voilà, aujourd’hui la fréquentation du musée, qui est ouvert de mi-juillet à mi-août, a diminué. « La scénographie et les outils de médiation ont peu évolué depuis leur création, confirme Olivier Hu, responsable pédagogique du master Médiation culturelle et communication à l’Esthua. Un professionnel du secteur a conseillé à la commune de faire appel à nos étudiant∙es pour moderniser le musée. »

Un lieu de vie

Dans le cadre de leur projet d’étude appliquée (PEA), douze étudiant∙es de master ont donc choisi d’apporter leur expertise. « L’aspect géographique était un élément à prendre en compte, on peut y accéder facilement », précise Suzy Delmotte. « Les missions sont nombreuses, c’est un véritable défi », abondent ses camarades Théo Heurlier et Élise Colineau.

Après un premier diagnostic sur les forces et faiblesses de l’établissement entre septembre et décembre 2023, les étudiant∙es ont remis mi-mars à la mairie, qui administre le musée, une vingtaine de propositions : ouvrir deux semaines de plus pendant l’été, créer une expérience de visite confortable et fluide grâce à une scénographie simplifiée et plus accessible, effectuer un inventaire des pièces conservées, transformer une partie du musée en lieu de vie, améliorer la communication avec une nouvelle charte graphique, travailler l’e-reputation…

« Ça nous permet de développer de nouvelles compétences comme le travail en équipe, et de prendre confiance en nous », témoigne Suzy, qui endosse la casquette de cheffe de projet. « Ce n’est pas de la théorie, nous mettons en pratique nos connaissances, complète Élise. Travailler avec une collectivité ouvre aussi d’autres aspects sur le plan culturel. » « C’est un projet bénéfique qui permet de prendre part aux différentes étapes », conclut Théo, qui se dirige après ses études dans la médiation patrimoniale.

Des premières mesures préconisées par les étudiant∙es seront mises en place dès cet été.

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